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Révisions des programmes de l’Education au Développement Durable

jeudi 2 juillet 2020, par SNUipp 89

Développement durable

Seule organisation à proposer un renforcement de l’EDD, le SNUipp-FSU a entrainé dans son sillage l’ensemble des organisations syndicales du premier degré. Les amendements du SNUipp-FSU ont tous reçu un avis favorables

Révisions des programmes de l’EDD

Suite aux propositions initiales du CSP (révision des programmes et note d’orientations) diffusées en novembre 2019, répondant à la saisine du ministère en juin 2019, la DGESCO a présenté le projet de renforcement des programmes de l’EDD pour les cycles 1 à 4 (maternelle, élémentaire et collège). Ce projet fait suite au BO du 27/08/2019 (cf. note de décryptage dans l’intranet).

Des avancées tangibles...

Le SNUipp-FSU qui regrette n’avoir pas été consulté par le CSP prend acte d’avancées tangibles que sont l’intégration des concepts de « transition écologique » et « réchauffement climatique » aux instructions officielles. De même, le renforcement des savoirs et démarches scientifiques est positif, en particulier avec l’objectif de permettre aux élèves de mieux distinguer ce qui relève des faits d’une part et de l’opinion d’autre part. Les programmes révisés s’inscrivent dans une logique pédagogique de transversalité et d’inter-disciplinarité fructueuse, même si certaines disciplines (l’EPS en particulier) paraissent délaissées, ce qui peut nuire à la priorité à accorder à l’acquisition des savoirs fondant l’éco-citoyenneté. L’ouverture de l’école et le travail partenarial encouragé avec les acteurs locaux sont également bienvenus, même si des freins à l’ouverture à l’environnement naturel sont encore à lever.

Mais encore beaucoup d’insuffisances

• En premier lieu, considérer la transition écologique comme relevant de faits scientifiques, c’est nécessaire mais insuffisant, car ce qui la caractérise c’est de constituer « une question socialement vive ». En tant que telle, l’EDD implique d’établir des liens de cause à effets entre des politiques publiques, des orientations économiques et leurs conséquences environnementales et sociales.
• C’est pourquoi, pour le SNUipp-FSU, c’est l’éducation à la citoyenneté qui doit être renforcée. Les ajouts à la production initiale du CSP qui insistent sur la vocation « des actions concernant l’EDD (…) à contribuer à la culture de l’engagement individuel comme collectif, citoyen avant tout » vont dans le bon sens. Mais il ne suffit pas de l’affirmer. Il faut également décliner les objectifs et les propositions d’activités qui permettent l’acquisition et le développement d’une pensée complexe, critique, éthique, prospective : liens avec l’éducation à la consommation et l’éducation aux médias et à l’information insuffisants. Débats philosophiques (dès le cycle 1) et fonctionnement coopératif des classes gagneraient à être davantage promus car ils permettent de développer la réflexion et l’expression des élèves, leur capacité à envisager des options alternatives, à opérer des choix et à mettre en œuvre des projets d’action collective pour agir en faveur du climat, de l’environnement, de la biodiversité, etc.

  • Ceci suppose qu’en complément des savoirs scientifiques, les savoirs issus des sciences sociales ne soient pas minorés. Sur le terrain, des expériences pédagogiques démontrent que les élèves de l’école élémentaire peuvent entrer dans des démarches d’enquête.
  • Les programmes tendent à trop différer l’acquisition de savoirs scientifiques. Des problématiques complexes (corrélation entre combustion des ressources fossiles et réchauffement climatique) sont pourtant déjà étudiées dans des classes de CM.
  • Il en va de même pour les apprentissages citoyens. Pourquoi la fonction d’éco-délégué ne concerne-t-elle pas l’entièreté du cycle 3 ? Encore faudrait-il ne pas réduire leur rôle à celui de simples ambassadeurs voire de prescripteurs des éco-gestes. La fonction de délégué suppose en effet de défendre un mandat dans des instances de délibération et une solide formation à la prise de décision collective.
  • Les problématiques environnementales ne peuvent être traitées comme de simples thèmes, au service du renforcement de compétences disciplinaires (par exemple, en mathématiques) mais comme de véritables objets d’enseignements. Cette ambition n’est pas encore suffisamment affirmée.
  • Les sorties scolaires et l’enseignement en pleine nature ne sont pas suffisamment encouragés. Alors que les élèves ont subi deux mois de confinement, il s’agirait de faire l’EDD entre 4 murs... Or, considérant qu’on défend d’autant mieux ce qu’on connaît bien, la reconnexion à la nature des élèves est une impérative mission de l’école, en particulier pour ceux issus des quartiers urbains populaires.
  • Parallèlement, on ne peut que déplorer l’absence d’amendement et de renforcement des programmes de l’EPS. L’occasion de lier éducation à la santé, attitudes coopératives et développement des compétences motrices en incitant à développer les activités en plein air et en pleine nature n’a pas été du tout saisie.
  • Enfin, le SNUipp-FSU déplore qu’aucune offre de formation ne soit au soutien des programmes révisés de l’EDD. Elle est pourtant nécessaire tant sur le plan notionnel que sur celui de la didactique. Ceci implique de desserrer l’étau des « fondamentaux » dans la formation continue comme dans la classe.

Des amendements SNUipp-FSU intégrés

Fort de cette analyse sur les manques des propositions CSP/DGESCO, le SNUipp-FSU a proposé de nombreux amendements, lors de la commission spécialisée, en amont du CSE. Quatre d’entre eux ont été intégrés par la DGESCO en ouverture du CSE.
Trois visent la re-connexion des élèves à la nature : au cycle 1, en prenant appui sur des « situations vécues en milieu naturel lors de sorties scolaires régulières » et aux cycles 2 et 3 en intégrant « la randonnée pédestre en pleine nature » aux programmes de l’EPS.
Le dernier, présenté à la fois en cycle 2 et 3, vise à renforcer la formation à l’éco-citoyenneté (débat démocratique, pensée critique, capacité à établir des liens entre des choix et leurs impacts environnementaux). La DGESCO l’a retenu pour le cycle 3 uniquement. Il s’agit d’un acquis significatif qui revient en partie sur les renoncements des programmes ajustés de l’EMC en 2018.
Les amendements du SNUipp-FSU soutenus par la communauté éducative
Prenant acte de ces intégrations importantes mais partielles, le SNUipp-FSU a maintenu au vote la moitié environ des amendements déposés, pour les trois cycles. Seule organisation à proposer un renforcement de l’EDD, le SNUipp-FSU a entrainé dans son sillage l’ensemble des organisations syndicales du premier degré. Les amendements du SNUipp-FSU ont tous reçu un avis favorables

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