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Syndicat National Unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC

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Quand l’enseignant souffre, c’est le métier qui est malade...

samedi 5 mars 2011, par Eric Apffel

Santé, Sécurité, Conditions de travail

Attention, cet article est ancien. N'hésitez pas à vous adresser à la section pour vous assurer que les renseignements qui y figurent sont toujours valables.

J’ai mal à mon travail...

L’actualité du des écoles montre de plus en plus de cas d’enseignants en difficulté face à des élèves qu’ils n’arrivent plus à gérer et qu’on se repasse de classe en classe ou d’école en école. D’autres sont confrontés à des cabales de parents. Et tous subissent les injonctions pour un travail dont on ne saisit plus le sens. A chaque fois, il y a un enseignant qui souffre.
L’administration « bricole », souvent avec bienveillance il faut le reconnaître, au cas par cas : déplacement de l’élève problématique comme tout récemment encore, ou de l’enseignant ou par tout autre rustine. Certes, une cellule d’écoute a été mise en place, pour tenter de « réparer » les collègues « abimés », mais ça sous-entend que ce serait eux qui n’iraient pas bien.

… et ça me coûte cher !

La réaction ordinaire de celui qui «  n’y arrive pas » est de se protéger, de se cacher parce qu’à la souffrance, s’ajoute trop souvent la culpabilité et la honte.
En se mettant en congé de maladie, il ampute ses droits personnels, et fait payer nos mutuelles. D’autres trouvent refuge dans des traitements médicaux ou l’alcool.

Mais c’est pô juste !

Pour la FSU et le SNUipp, ce n’est pas une fatalité, c’est une double injustice.
- Injustice morale : lorsqu’on donne un travail insupportable à quelqu’un, ce n’est pas de sa faute s’il en souffre. S’il y a faute, c’’est celle du prescripteur.
- Injustice légale : depuis 1982, un livre du Code du Travail est consacré à l’hygiène et la sécurité. Il engage la responsabilité pénale du chef de service. Des dispositifs sont définis (CHS, ACMO, médecin de prévention...). Ils existent mais le fonctionnement par « bricolage » les dessaisit(ssait ?) de fait jusqu’à aujourd’hui.

Les exemples cités au début de cet article ont une appellation officielle : les risques psycho-sociaux, qui constituent une priorité du Plan Annuel de Prévention ; notre administration s’est donné l’obligation de chercher des mesures pour éviter l’apparition de la souffrance et ne pas se contenter de la traiter.

Des solutions collectives pour protéger chacun

Depuis plusieurs années, avec opiniâtreté, la FSU œuvre pour que ce travail se fasse et qu’il se fasse dans les instances prévues pour ça. Cette opiniâtreté paye puisque pour la première fois en janvier, le CHS s’est saisi d’un risque (plusieurs personnels en ont souffert). Hélas, ce travail n’est pas allé à son terme, mais c’est la première fois que nous allons si loin dans la démarche. Encore une ou deux étapes et cette instance sera enfin opérationnelle.

En partant de cas concrets, il s’agit de trouver des solutions les plus générales possibles permettant de supprimer ce risque partout où il pourrait apparaître et d’éviter que ces souffrances perdurent [1].

Une première étape serait de prendre la véritable ampleur du problème et pour ça, déculpabiliser tous ceux qui sont victimes de leur travail. C’est aussi le sens de cet article.


[1Un exemple dans un autre champ que les risques psycho-sociaux : un auvent en béton, au-dessus d’une porte, tombe à cause d’une malfaçon qui exposait l’armature à l’oxydation. Après enquête et identification du risque, toutes les constructions similaires sont identifiées et expertisées

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