SNUipp-FSU 89

Syndicat National Unitaire des Instituteurs PEGC et Professeurs des écoles

Accueil > Le SNUipp-FSU > Vie Syndicale > Evaluations CM2

Evaluations CM2

mardi 18 janvier 2011, par SNUipp 89

Vie Syndicale

Attention, cet article est ancien. N'hésitez pas à vous adresser à la section pour vous assurer que les renseignements qui y figurent sont toujours valables.

Communiqué du SNUipp national

Le SNUipp appelle à des évaluations nationales
au service de la réussite des élèves.

Alors que 700 000 élèves de CM2 s’apprêtent à passer cette semaine les évaluations nationales, le dispositif actuel ne constitue toujours pas un outil au service de la réussite des élèves.

En l’état, ces évaluations ne fournissent pas d’informations suffisamment précises pour la régulation des apprentissages dans les classes et n’aident pas à la communication avec les parents. Leur finalité sert avant tout à piloter l’école par les chiffres, au détriment des besoins des élèves : la statistique plutôt que le pédagogique, comme l’illustre le mode de correction « juste » ou « faux » qui ne permet pas systématiquement la prise en compte des réussites partielles des élèves.

De plus, sa date de passation en milieu d’année scolaire induit un manque de cohérence d’une évaluation qui se veut à la fois « bilan » et « diagnostic ».

Le ministère a reconnu le bien fondé des critiques des enseignants, des parents d’élèves et autres acteurs de l’éducation. Il a ouvert des discussions l’an dernier. La version 2011 connaît ainsi quelques bougés : conception des exercices par la DEPP (Direction de l’évaluation, de la Prospective et de la Performance), réajustement du niveau de difficulté de certains items, évolution du mode de correction pour un tiers des exercices permettant une prise en compte de ce que l’élève a effectivement réussi.

Pour autant, la mécanique d’ensemble reste la même. Ce dispositif sert uniquement à renseigner le système éducatif du niveau des élèves. C’est un travail qui pourrait être réalisé à partir d’un échantillonnage comme les services statistiques du ministère savent le faire et comme pour les tests PISA.

Le SNUipp considère qu’une remise à plat est indispensable. Le dispositif en vigueur doit être abandonné et revu. Il appelle le ministère à aller jusqu’au bout des discussions. Pour être utile aux élèves, toute évaluation doit permettre aux enseignants de repérer la nature des difficultés des élèves afin de les aider ensuite à progresser

Il propose aux enseignants de distribuer une lettre aux parents lors de la passation des tests et de signer dans les écoles un « appel pour des évaluations au service de la réussite des élèves ». Ces derniers seront remis aux Inspecteurs d’académie dans les départements dans la semaine du 7 au 11 février.

Le SNUipp organisera également le 07 avril à Lyon un colloque intitulé "Evaluations, pour qui ? Pour quels usages ? Quelles finalités ?"


Proposition de courrier à adresser aux parents des élèves de CM2.

Chers parents,

votre enfant est appelé à passer, comme tous les écoliers de CM2 en France, une évaluation en français et en mathématiques. Comme toute évaluation, elle devrait permettre de situer votre enfant dans ses apprentissages, ce qu’il a appris, ce qui lui reste à apprendre. C’est important pour lui, pour vous, mais aussi pour l’enseignant qui doit pouvoir l’aider à progresser, à réussir. Pour cela, il a besoin de disposer d’éléments pour repérer la nature des difficultés.

Cette évaluation, mise en place depuis janvier 2009, ne répond pas à ces exigences et pose de nombreuses questions. Nous tenons à vous faire part des réserves que font les enseignants à son sujet.

D’une part, elle intervient en milieu d’année scolaire, date à laquelle toutes les notions du programme n’ont pas été consolidées, et qui ne laisse pas assez de temps pour mettre en place une aide efficace pour les élèves. D’autre part, évaluer des élèves sur des notions qui n’ont pas été abordées peut les mettre en difficulté. Nous serons donc très attentifs à ne pas mettre injustement vos enfants en situation d’échec.
Ensuite, la correction imposée ne permet pas de distinguer les résultats d’un élève qui, dans un exercice, a 7 ou 8 bonnes réponses sur 10 et celui qui n’en a aucune. Or, la plupart des enfants n’ont pas « tout juste » ou « tout faux ». Il est nécessaire de mesurer précisément où en est l’élève, de valoriser ses résultats, de l’encourager, de repérer l’origine de ses difficultés.
Pour répondre à ces critiques que nous avons formulées depuis 2009, le ministère a modifié le mode de correction, mais seulement pour un tiers des exercices. De plus, les résultats qui remonteront à l’Éducation nationale n’en tiendront pas compte, dénatureront les résultats de l’école...
Cette évaluation ne permet donc pas d’effectuer un bilan objectif des notions maîtrisées par chaque élève.
A ce jour, les modifications apportées restent très insuffisantes. Nous sommes convaincus que les évaluations réalisées en classe doivent être des outils au service de la réussite des élèves.
Nous continuons à demander au ministre que les évaluations CM2 redeviennent un véritable outil diagnostic et n’aient pas lieu en cours d’année, que leur correction permette véritablement de faire le bilan sur les apprentissages et la mise en oeuvre par l’enseignant d’une aide adaptée, d’être un outil pour vous informer des réussites et des difficultés éventuelles de votre enfant.

En souhaitant que vous partagiez ces exigences, nous vous prions de croire, chers parents, en notre attachement à un service public d’éducation de qualité pour vos enfants.

Le conseil des maîtres de l’école


Proposition de motion du conseil des maîtres

Ecole …....................
Commune ….................

Appel pour des évaluations au service de la réussite des élèves

Monsieur le Ministre,

L’évaluation est partie intégrante de nos pratiques professionnelles. Les outils d’évaluation doivent nous permettre de repérer les réussites et les difficultés de nos élèves ; ils doivent nourrir le travail d’équipe.

Or, le dispositif d’évaluations nationales CE1-CM2, mis en place sans concertation en 2008-2009, ne répond pas à ces exigences. Il fait toujours l’objet de fortes critiques de la part des acteurs du système éducatif : la date de passation induit un manque de cohérence d’une évaluation qui se veut à la fois « bilan » et « diagnostic », le codage ne permet pas systématiquement la prise en compte des réussites partielles.
La finalité de ce dispositif est de piloter l’école par les chiffres, au détriment des besoins des élèves. Nous vous rappelons que nous refusons toute publication école par école des résultats qui introduirait une logique de concurrence inacceptable au regard des objectifs de l’école publique.

Suite aux mobilisations et aux critiques apportées par la communauté éducative, des améliorations ont été apportées : conception des exercices par la DEPP (Direction de l’évaluation, de la Prospective et de la Performance), évolution du codage pour un tiers des items permettant une prise en compte de ce que l’élève a effectivement réussi, réajustement du niveau de difficulté de certains items.

Cependant, le protocole ne permet toujours pas de clarifier les objectifs, ne fournit pas d’informations suffisamment précises pour la régulation des apprentissages dans les classes, et n’aide pas à la communication avec les parents.

Nous vous demandons solennellement, Monsieur le Ministre, l’abandon de l’actuel dispositif d’évaluations CM2 et CE1 pour prendre le temps d’une concertation qui permette de construire de véritables outils d’évaluation utiles aux enseignants et favorables à la réussite de tous les élèves.

Le Conseil des Maîtres

Messages

  • Au delà des évaluations nationales et des critiques évoquées dans l’article, se pose un réel problème de fond : celui de l’évaluation (y compris celle des enseignants considérés finalement comme des élèves ) en termes de compétences.
    Très répandue dans les écoles et clef de voute du discours officiel elle est en passe d’envahir , de polluer, voire de supplanter l’acte pédagogique.

    Qu’est-ce qu’une compétence ? C’est l’aptitude à effectuer des actes isolés bien précis et bien définis. Parle-t-on de mise en relation, de travail dans la complexité ? De moins en moins. Parle-t-on de mobiliser des connaissances et des savoirs faire de manière diversifiée pour le développement des élèves ? Surtout pas.
    On est dans l’utilitaire immédiat. Connaissant le manque d’ambition pour l’école et l’inculture de certains de nos derniers ministres, on pourrait penser qu’il s’agit d’une vision simpliste de l’éducation.

    Mais ne nous y trompons pas : il s’agit bien d’un acte politique visant à optimiser et à adapter au mieux les futurs travailleurs aux besoins de l’entreprise. La méthode est d’ailleurs très proche de celle utilisée par l’entreprise.L’utilitaire passe maintenant bien avant la formation d’un "honnête homme" au sens des Lumières.
    Ce qui m’inquiète, c’est que cette méthode est en passe d’obtenir l’adhésion plus ou moins contrainte d’un grand nombre de collègues. Il est vrai que le matraquage est lourd.

    Comme enseignant auprès des élèves et des parents et comme formateur j’ai fait longtemps la promotion de ce type d’évaluation. La note chiffrée ne me satisfaisait pas, et je pensais avoir trouvé avec l’évaluation des compétences un outil plus fin et moins normatif. Mais je me rends compte que ce moyen ne m’a permis d’observer que les performances des élèves et non les élèves eux-mêmes.

    Alors quoi ? je n’ai pas d’idée arrêtée (d’ailleurs, je partirai bientôt en retraite avec plus de doutes que de certitudes). Mais en nous y mettant tous, en sortant des sentiers battus, en faisant appel à notre intelligence et à notre imagination , on devrait trouver des solutions.

    J’en ai assez de voir des collègues (et surtout des jeunes)fatigués, las de ne pas trouver de satisfactions en rapport avec leurs espoirs pour l’école. Retrouvons le plaisir d’enseigner et de voir nos élèves devenir petit à petit des "gens bien".
    Et ça, ça ne s’évalue pas dans un tableau !

'