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Syndicat National Unitaire des Instituteurs PEGC et Professeurs des écoles

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Qu’en pensent les acteurs concernés ?

Avis recueillis en 2002

mercredi 28 août 2002

Le système scolaire

Attention, cet article est ancien. N'hésitez pas à vous adresser à la section pour vous assurer que les renseignements qui y figurent sont toujours valables.

Premiers éléments de réflexion à partir du dépouillement
de deux cents questionnaires
" Et pour vous, l’École, comment ça va ? "
diffusés dans l’Yonne entre le 1er et le 15 mai 2002

(dont plus de la moitié de parents, quelques lycéens et un tiers d’enseignants, ces derniers répondant souvent à la fois comme parent et comme professionnel)

Attention : une sur-représentation manifeste de réponses provenant de la région de Joigny (par le biais du conseil local) sur-représente sans doute la violence, étant données les difficultés spécifiques des établissements de cette ville, ces derniers mois...


- Du côté de la violence, du désordre, des rythmes...
C’est évidemment l’atmosphère des écoles et établissements qui détermine la perception des parents : lorsque la sécurité minimale n’est pas assurée, ce sont les problèmes de surveillance, de gigantisme des établissements qui prennent le pas sur toute autre considération. En général, la demande prioritaire est alors de rétablir l’ordre, en renforçant la surveillance, en diminuant la taille des établissements, voire en demandant que les " perturbateurs " soient soumis à un régime différent (exclusion ou sortie de l’école, diversification des voies de formation).
Plusieurs témoignages d’enseignants affectés dans ces établissements difficiles vont aussi dans ce sens.

Le remplacement des maîtres absents est très souvent jugé défaillant et perturbateur.

Les emplois du temps à trous, les rythmes scolaires sont montrés du doigt. Certains demandent des cours de soutien dans les établissements. La semaine de quatre jours est peu citée.


Du côté des missions de l’école, des programmes
Deux grands courants, très contradictoires, parfois même au sein des mêmes témoignages :

- d’un côté, le " c’était mieux avant " : on reproche l’excès de diversification des matières (éveil, langues, informatique, arts plastiques...) qui " nuisent " à la maîtrise des savoirs fondamentaux. On prône le retour aux " vieilles méthodes " en lecture, à davantage de manuels, de leçons de morale, au recentrage de l’école sur " lecture-écriture-tables de multiplication ", quitte à réclamer que les matières moins " fondamentales " soient organisées par les mairies ou les établissements en fin de journée.
Ce même courant s’étonne de l’excessive hétérogénéité des classes, rappelant qu’on " n’a pas tous les mêmes capacités ".
La démocratisation revendiquée par le " collège unique " n’est manifestement pas parvenue à diminuer les écarts entre les élèves... Certains réclament donc un retour à une filiarisation plus précoce, une orientation réhabilitant le " manuel " ou le " technique ", avec la sécurité de pouvoir reprendre des études après avoir goûté à la vie...

- de l’autre côté, le " ça progresse " en particulier avec l’enseignement de nouvelles matières, l’ouverture au monde, à la vie, à la culture. Mais on pointe la difficulté pour " tout faire ", la baisse de repère des élèves " moins éduqués " par les familles, le temps nécessaire pour " en faire des élèves ". Certains demandent une refonte de l’année scolaire, les vacances étant jugées trop longues.

- Les " élèves en difficultés " sont beaucoup plus cités par cette catégorie, qui en réclame beaucoup moins la mise à distance ou l’exclusion. On prône parfois " l’apprentissage avant la compétition ". On réclame donc logiquement les moyens de régler leurs difficultés le plus rapidement possible, afin que l’essentiel des savoirs de base soit acquis en 6e : travail en petit groupes, maîtres spécialisés ou en surnombre, détection précoce de l’échec, dès la maternelle.


- Du côté du respect...
La perte des valeurs civiques et collectives revient très fréquemment, du côté des parents comme celui des enseignants.. ou des jeunes. On réclame souvent davantage de morale, d’éducation...
Mais si on réclame le respect par les élèves des règles (et les sanctions nécessaires), on réclame aussi le respect des élèves par l’école. Certains témoins reprochent aux enseignants leur manque de pédagogie, voire d’encouragement pour les élèves.
Quelques témoignages citent le manque de repères pour les élèves, le manque de notes.

- Du côté des moyens et de l’égalité
Davantage citée par les enseignants, l’exigence d’égalité de traitement entre école est nette. On réclame davantage d’équité dans les crédits de fonctionnement et d’équipement, permettant à toutes les écoles de remplir leurs missions d’enseignement, d’ouverture culturelle, d’utilisation des technologies nouvelles.

- Du côté de l’image des enseignants
L’image des enseignants est plus souvent positive (" sérieux ", " volonté ", " dévouement ", " quand ils aiment ce qu’ils font ") que négative (" la paye et les vacances " ; " attitudes négatives " ; " manque de dialogue ", voire " laxisme soixante-huitard "...
On sent cependant une crainte de voir l’autorité magistrale se diluer. Certains demandent que les jeunes enseignants puissent bénéficier de l’expérience de leurs aînés... Même lorsque ce n’est pas dit, on sent poindre des interrogations sur la manière de faire la classe, sans doute nourrie par une manière d’être nouvelle des enseignants, inconnue... et donc un peu suspecte...

- Du côté du système éducatif
Question principale du " que faire ? ", la demande aux pouvoirs publics est claire : davantage d’enseignants (pour le public, ajoute un témoin), de surveillants, de personnels spécialisés, de profession de santé ou d’assistantes sociales. On ajoute souvent l’urgence de ne pas multiplier les réformes qui s’empilent, les " bonnes idées " qu’on oublie de budgéter... Certains enseignants se plaignent de la " paperasserie ", du manque de pilotage administratif, des multiples contraintes contradictoires, voire de la " bureaucratie galopante ".
Ils réclament (mais des parents aussi) des moyens de formation pour mieux lutter contre les difficultés des élèves (plusieurs citent positivement les progrès en matière de travail sur l’évaluation des élèves), de travail en équipe, de concertation...
La gratuité revient plusieurs fois comme nécessaire à réaliser effectivement.


Pour ne pas conclure...
Terminons avec les propos de cette lycéenne sur ce que doit faire l’État :
" Je ne sais pas quoi, mais il faut faire quelque chose, vite... ".
Pour un parent : comprendre que l’avenir se construit aujourd’hui à l’école ".
Et dit autrement, par un enseignant : " se donner les moyens de ses idées "...

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