SNUipp-FSU 89

Syndicat National Unitaire des Instituteurs PEGC et Professeurs des écoles

Accueil > Le métier > Le système scolaire > Réussite de tous :

Réussite de tous :

Que faudrait-il faire ?

mercredi 28 août 2002

Le système scolaire

Attention, cet article est ancien. N'hésitez pas à vous adresser à la section pour vous assurer que les renseignements qui y figurent sont toujours valables.

voir aussi l’avis de Sylvain Brocolichi et de Choukri Ben Ayed, sociologues

L’avis du Conseil Economique et Social régional de Bourgogne... :

- Il serait bon de développer les possibilités de scolarisation dès deux ans notamment dans l’Yonne qui accuse un sérieux retard dans ce domaine alors même qu’elle est plus particulièrement touchée par l’échec scolaire.

- A la fin du CE2, il convient d’utiliser davantage les résultats des évaluations menées en début d’année pour bien identifier les enfants qui ont déjà pris du retard et par un projet pédagogique personnalisé les aider à le rattraper. Il est envisageable d’étendre ces pratiques d’évaluation à chaque début et fin de cycle.

- Il serait bon d’avoir " plus de maîtres que de classes ", à condition que ces maîtres en rapport avec leurs collègues aient en responsabilité le rattrapage des élèves en retard (sans bien entendu former une classe à part). Il est également essentiel que le nombre d’enfants par classe, surtout dans les plus petites, reste au plus égal à 20 afin que les enseignants puissent détecter et suivre les élèves en difficulté le plus tôt possible.

- Concernant les RASED, leur fonctionnement souffre d’une insuffisance de moyens (équipes incomplètes, manque de psychologues ou de rééducateurs, disponibilité, mobilité voire crédits insuffisants). Il serait bon de revaloriser leur action et de les doter de moyens en conséquence.

- Individualiser les besoins des élèves ne veut pas dire établir des groupes de niveaux mais plutôt par exemple pratiquer le travail en petits groupes en faisant appel aux connaissances et à l’appui des élèves les plus " avancés ". La parole du camarade " sonne " parfois mieux... Les enseignants doivent lutter contre les pratiques stigmatisantes et ségrégatives, miser sur l’émulation tout en encourageant le partage et la solidarité.

- Établir une continuité tout au long de la scolarité

Il faut veiller à ne pas accentuer la rupture entre école maternelle et élémentaire qui obéissent à deux logiques différentes. Certains enfants perdent pied, n’arrivant pas à passer d’une logique à l’autre. Même chose au moment du passage de l’école primaire au collège.


- Les enseignants doivent pour cela apprendre à travailler en équipe afin de permettre un suivi individuel des élèves les plus en difficulté. La stabilité des équipes pédagogiques concourt également à la réalisation de cet objectif.

- Déjà recommandé en 1987 et 1992, le Conseil économique et social bien que constatant de grandes avancées dans ce domaine, rappelle que l’Éducation nationale, les acteurs associatifs, les élus locaux doivent veiller à ce que tous les enfants aient un accès suffisant à la culture. L’organisation de classes de découverte, l’ouverture de l’école aux associations culturelles (théâtre, musique, danse, contes, ateliers d’écriture...) dans les temps scolaires ou périscolaires, participent à l’ouverture d’esprit préalable à toute soif d’apprendre.

- Ces actions ne peuvent être renforcées que si elles s’accompagnent d’une volonté politique et de moyens financiers, notamment en provenance des structures intercommunales. Le Conseil régional dans le cadre du dispositif " Cœurs de Territoire " pourrait inciter à la prise en considération systématique de ces actions.


L’enjeu de la formation initiale des maîtres

- Les enseignants vont connaître un très fort taux de renouvellement dans les quinze années à venir. Parallèlement, l’évolution sociologique de la profession est très forte : elle se féminise (avec pour conséquence principale l’augmentation des demandes de temps partiel il n’est pas inutile de rappeler que ces aménagements doivent impérativement se faire en pénalisant le moins possible le suivi des enfants) et le recrutement se fait de moins en moins dans les classes " populaires " (les enseignants risquent d’être de plus en plus éloignés des réalités auxquelles ils vont être confrontés, l’empathie pour les enfants des classes défavorisées pouvant alors être moins forte).

- L’enjeu de la formation initiale dans ce cadre est essentiel. Aujourd’hui, elle consiste encore principalement en des remises à niveau disciplinaire et s’attache surtout aux contenus. Il conviendrait " d’inverser la vapeur " et de redonner toute son importance à la pédagogie, à la connaissance des difficultés d’apprentissage, des troubles du langage, des publics spécifiques (" enfants du voyage ", élèves dyslexiques, ZEP...), ainsi qu’au travail d’équipe et à la vie relationnelle dans et hors de l’établissement.

- La formation continue (limitée à 36 semaines pendant la carrière et représentant en moyenne
4 jours de formation par maître et par an), pourrait servir de levier pour traiter certaines problématiques et favoriser le décloisonnement et le travail en équipe. Ainsi, des formations organisées dans ce but pour l’ensemble des enseignants d’un groupe scolaire permettraient à tous d’avoir des outils communs d’analyse et de développer des pratiques professionnelles nouvelles.

Cet avis ne recoupe pas forcément les positions exactes du SNUipp, mais il a l’immense mérite d’avoir été adopté par le Conseil Economique et Social de Bourgogne... composé de socio-professionnels de tous horizons.... Une bonne base de travail, non ?

'