SNUipp-FSU 89

Syndicat National Unitaire des Instituteurs PEGC et Professeurs des écoles

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Est-on sur la bonne voie ?

samedi 17 janvier 2009, par Eric Apffel

Le métier

Attention, cet article est ancien. N'hésitez pas à vous adresser à la section pour vous assurer que les renseignements qui y figurent sont toujours valables.

N’en déplaise à M Hervé et à ceux qui diffusent son courrier, il ne paraît pas contestable que le ministère a reculé sur la question des RASED. On ne parle plus de leur suppression dans les trois ans. Comme il a également reculé sur les maternelles, sur les EPEP, probablement sur le SMA, sur les lycées, sur le recrutement...

On a aussi gagné la campagne de l’opinion.

Certes, l’assaillant n’est pas retourné derrière ses lignes initiales et on est donc très loin de nos revendications pour l’amélioration de l’école.

Mais tout cela devrait nous encourager parce que ça redonne confiance dans nos possibilités de bouger les lignes.

Est-ce grâce à M Hervé qui se trompe d’ennemi et préfère diviser les opposants en s’attaquant au principal syndicat, le nôtre (qui ne doit pas être autant en décalage que cela avec les enseignants qu’il représente au vu du résultat des dernières élections) ?

Grâce à ceux qui préfèrent attendre silencieusement qu’une grève générale se dessine ?

Grâce au actions extrèmes suivies par une minorité de personnels (quand on arrive à les dénombrer). En ce moment, en effet, il y a une tendance aux actions individuelles exemplaires, qu’internet permet de médiatiser. Mais ces héros d’un jour se retrouvent seuls face aux sanctions et injonctions de l’administration et sont bien obligés de rentrer dans le rang. Combien sont-ils, résistants affirmés d’hier, qui font, contraints et forcés, ce qu’ils avaient refusé ?

Le SNUipp fait tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir les personnels qui tentent de mettre en adéquation leur action et leurs idées. Mais, aussi puissant soit-il, il ne détient aucun autre pouvoir que celui donné par le rapport de force.

C’est pourquoi je crois davantage à l’action collective et unitaire, autour de mots d’ordre qui sont suivis, visiblement, par une majorité de personnels et qui ne les mettent pas inutilement en danger. C’est certainement le nombre de personnels qui suivent une consigne qui fait l’efficacité d’une action.

Je ne confonds pas non plus l’analyse d’un dispositif et la stratégie qui semble la plus habile pour lui faire échec.

On découvre aussi que le harcèlement, par d’incessants mouvements ponctuels, avec quelques temps forts, peut être efficace. On est peut-être même en train de découvrir l’alternative à la grève. On a progressé sur les campagnes d’opinion. Les réunions de parents, dans les écoles, n’y sont pas pour rien. Les visuels utilisés dans les manifestations non plus. Ailleurs (bientôt chez nous ?), on a vu des«  nuits des écoles », des soupes à l’oignon... Il reste sans doute beaucoup à inventer.

Et il faut encore beaucoup inventer, parce que la bataille n’est pas gagnée mais il y a des signes encourageants. La clé, c’est d’être soudés et nombreux dans la rue demain, le 29, et aussi chaque lundi et mercredi devant l’Inspection à Sens, dans nos réunions d’école, dans l’interpellation des élus...

Surtout pas s’arrêter pour mettre un coup d’arrêt aux attaques, et faire entendre nos propres propositions, celles de professionnels, pour une école plus efficace et plus juste.

Messages

  • Complètement d’accord avec Eric. Il a parfaitement souligné les limites de l’individualisme qui empoisonne notre société, à tous les points de vue.

    Un collègue retraité, toujours adhérent au SNUIPP et copain d’Eric.

    Guy Prieur

    • Serge, un copain d’Éric aussi, mais très atteint par la question des RASED que je ne sens pas sauvés.

      Je joins un message d’une rééducatrice de Haute-Garonne.

      Bonjour
      Notre inspecteur nous a réunis hier pour nous informer de la situation des rased pour l’an prochain et de la possible décision de l’IA de TOULOUSE de fermer tous les postes RASED de l’académie, PSY SCOL y compris afin de réorganiser l’ensemble des secteurs et des circos avec le nouveau personnel (IEN compris car création de trois postes IEN sur l’académie : un à la commission technique des maternelles , un autre sur l’ASH et un en plus). En sorte que toute personne de réseau devrait participer au mouvement dont les règles seraient susceptibles de changer. (postes à profils, flèchés etc...) Les syndicats doivent être informés la semaine prochaine. (non négociable nous a-t-il précisé)
      Du point de vue de la gestion de la misère cela se conçoit...
      Du point de vue des postes supprimés, cela évite aux IEN de choisir qui ils désignent comme victimes (car à cela ils ne s’y résignent pas...)
      Du point de vue des réclamations, il ne pourra pas y en avoir car du fait de la participation au mouvement, les personnes n’auront que des postes qu’ils auraient demandés : en effet, le mouvement se faisant à l’aveugle cette année (pas de 1er tour avec inscription d’intention de changement), il est recommandé de demander (si ce ne sera d’ailleurs "obligatoire" ) un grand nombre de postes.
      Il nous a montré aussi les pressions auxquels ils sont soumis (audits...) et en particulier l’enquête qui leur est exigée quant à la passation des éval CM2 ( des dizaines de tableaux à remplir). Il nous a parlé de la "peur" qui règne chez eux, climat délétère de menaces... Ils sont aussi dans l’obligation de fournir des postes vacants dans les écoles en difficultés, s’il n’y en a pas ils doivent fermer des postes de titulaires.
      Les écoles prioritaires sont déjà décidées en vertu des évaluations des sixièmes effectuées cette année dans les collèges ainsi que le nombre de "sédentarisations".
      Enfin il nous a confirmé que les 3000 postes étaient d’ores et déjà fermés (loi de finance) et que donc la sédentarisation correspond pour moitié à un retour dans les classes ordinaires flèchées dans les écoles prioritaires avec une obligation d’être en sus maître ressource !! et pour les autres en maître surnuméraire dans les mêmes écoles à titre provisoire... Ces personnels les uns et les autres ne feraient plus partie des dispositifs rased.
      Il était désolé et trés triste... Nous aussi !
      Monique

      J’ai transmis la lettre de G. Hervé parce que je n’ai pas la même lecture de la situation , qui est peu lisible d’ailleurs, et que les 1500 postes "sauvés" ne me semblent pas être des postes dans les RASED, ce qui voudrait dire que les réseaux n’auraient rien gagné.
      Mon but n’est pas de diviser, mais de dire qu’il ne faudrait pas nous laisser endormir par des déclarations mensongères. Je veux rester fier du syndicat auquel j’appartiens. J’espère participer de sa VIE en contribuant au débat.
      Je mesure les réussites aux actions menées et non aux résultats des élections (voir les présidentielles).
      Bon courage à tous !

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