SNUipp-FSU 89

Syndicat National Unitaire des Instituteurs PEGC et Professeurs des écoles

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Individualiser la responsabilité ?

vendredi 29 février 2008, par SNUipp 89

Vie Syndicale

Attention, cet article est ancien. N'hésitez pas à vous adresser à la section pour vous assurer que les renseignements qui y figurent sont toujours valables.

On cible désormais l’individu en rejetant la dimension du collectif, du groupe, de l’équipe. Projets personnalisés, évaluations individuelles et remédiations, soutien, stages de rattrapage :

« c’est toi qui es responsable de ton destin » dit-on en substance à l’élève. « Et si tu ne travailles pas assez, que tu ne fais pas tes devoirs, ne t’en prends qu’à toi-même… Avec tout ce qu’on fait pour toi… »

Et pour les instits, ce sera pareil.
«  Enseignez comme vous voulez, on viendra vous évaluer sur les résultats de vos élèves » disent en substance Darcos et Sarkozy. Sous entendu, « si vos élèves ne réussissent pas, ce sera vous le coupable.. Avec tout ce qu’on fait pour vous… »

Pour les élèves comme pour les profs, loin de moi l’idée que la responsabilité individuelle n’aurait pas d’existence. Mais en survalorisant le « mérite » individuel, le contrat, « l’égalité des chances », on tente de gommer des décennies d’apports des savoirs sur les apprentissages : les savoirs enseignés par l’Ecole ne sont pas neutres, l’Ecole est une institution qui a un rôle spécifique dans la Nation, elle est à la fois « émancipatrice » et « reproductrice » des inégalités sociales.

Philippe Meirieu le dit d’une autre manière : « l’Ecole va finir par faire uniquement ce qui est évaluable. Or, les ambitions de la République ne le sont pas toujours. Il est effrayant de voir cette machinerie s’étendre, et exiger des résultats quantifiables et immédiats. Elle ignore que la formation d’un élève n’a rien à voir avec la fabrication d’une marchandise. Elle ignore que la relation pédagogique se négocie dans la durée (…). L’éducation, çe n’est pas la production d’individus calibrés… On sait obtenir de bon résultats immédiats : il suffit de bien sélectionner à l’entrée, de bien calibrer en cours de route, et d’écarter les élèves qui ne rentrent pas dans le moule. Ce pilotage par les résultats va mettre une pression terrible sur les enseignants…

Mais comme le disait Gramsci « il faut associer le pessimisme de l’intelligence et l’optimisme de la volonté. »

Regarder les choses en face, y compris dans ce qu’elles ont d’un peu difficile, et garder une forme de combativité.

Bien d’accord, non ?

Un important colloque le 5 et 6 avril pour questionner l’idée d’"aide”,
renseignements à

http://www.gfen.asso.fr/incontournable/accompagnement_2008.htm

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