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Propriété intellectuelle... est-ce juste ?

jeudi 15 décembre 2005, par Eric Apffel

Société

Attention, cet article est ancien. N'hésitez pas à vous adresser à la section pour vous assurer que les renseignements qui y figurent sont toujours valables.

Il semble acquis à tous que la création mérite d’être rétribuée, mais notre système est-il juste ?

Rétribuer les artistes

Est-il juste qu’une personne vive ad vitam aeternam des revenus de quelques heures de travail faites il y a vingt ans, comme l’auteur de la superbe création artistique nommée « La danse des canards » ?

Est-il juste qu’un artiste voit toute sa vie se cumuler les revenus de toutes ses créations, un peu comme si je touchais chaque mois, non seulement mon salaire du mois, mais aussi celui de toutes les années passées ?

Est-il juste que l’architecte touche pour chaque photo de la maison qu’il a dessinée et pas le maçon, le couvreur, le peintre, le fabricant de fenêtre, l’artisan ou l’ouvrier qui a fait le crépi ?

Pire ! Est-il juste de pouvoir racheter les droits d’auteur et ainsi toucher des royalties pour des oeuvres dont on n’est pas l’auteur, pour un travail qu’on n’a pas fait ?

Un délit qui enrichit ses victimes

Que vaudraient encore les oeuvres de Brassens, Hughes Aufray, Renaud, Cookie Dingler (Femme Libérée) et tant d’autres si elles n’avaient été interprétées en public délictueusement (au sens de la loi) dans les classes ou les colonies de vacances ?
- Qui a connu « Santiano » par la voix d’Hugues Aufray ?
- Qui a connu « Les copains d’abord » de la bouche de Brassens ?

Les enseignants et animateurs, en piratant ainsi des oeuvres, leur ont gardé ou donné de la valeur et les mêmes qui pleurent aujourd’hui sur leurs droits soit-disant bafoués ne font pas la fine bouche pour en toucher les dividendes.

Je crois que le délai de passage de toute oeuvre dans le domaine public devrait être considérablement réduit. Après quoi, pour gagner sa vie de créateur, il faudrait à nouveau créer/travailler.

La protection actuelle est abusive par rapport à l’ensemble des travailleurs de ce pays qui eux, s’il s’arrêtent, ne gagnent plus rien.


Qui proteste ?

Mais au fait, qui proteste dans cette affaire ?
On entend surtout les maisons de disques, celles qui se sont fait des gamètes en métal précieux pendant des années et qui refuse de voir le monde changer avec un contexte moins favorable ; attitude bien peu libérale pour des entreprises qui, elles, le sont.

On entend aussi les quelques artistes qui ont réussi et qui monopolise l’espace sonore radiophonique. Evidemment, ceux-là n’on aucun intérêt à ce que les cartes soit redistribuées. Quand parmi eux, se trouve d’anciens porte-parole de la rebellion, ça fait un peu mal, mais quand la soupe est bonne...


Effets pervers (mais sans doute voulus)

La loi actuellement en discussion s’attaque indirectement, sans le dire, aux logiciels libres, ces logiciels développés par des communauté de programmeurs et distribués gratuitement sur internet, comme Linux, OpenOffice, et tant d’autres.


Quelques sites :

Parce que, comme d’habitude, les grands medias ne relaient qu’une opinion, et afin de montrer qu’un autre monde culturel est possible...

- le site creative commons pour une culture libre
- Appel pour l’exception pédagogique
- Conséquence de cette loi sur les logiciels libres EUCD.info
- Framasoft, site sur le monde du Libre et en particulier : Des stars de la musique victimes du syndrome de Stockholm
- DADvSI : l’art de la manipulation
- Médias électroniques : vers la fin des abus de l’édition


Je précise que je ne fais pas de P2P. Par contre, pour la voiture, je fais un cd MP3 (et j’ai payé une taxe sur le support vierge) à base de musique téléchargée légalement mais pour laquelle j’ai contourné le DRM et de copie de CD protégé. Et j’entends pouvoir continuer de le faire !

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