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Syndicat National Unitaire des Instituteurs PEGC et Professeurs des écoles

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Direction, c’est pas plus facile à la campagne !

dimanche 20 mars 2005, par Eric Apffel

Le métier

Attention, cet article est ancien. N'hésitez pas à vous adresser à la section pour vous assurer que les renseignements qui y figurent sont toujours valables.

On vous l’a déjà dit, les dernières propositions ministérielles ne prévoient rien pour les directeurs des petites écoles. Il paraît évident pour tout le monde que moins on a de classes et d’élèves et moins on aurait de travail. Et moins de travail, ça exigerait moins de temps (pas du tout), moins d’argent, moins de tout !

Et pourtant, il conviendrait d’y regarder d’un peu plus près.

Les statistiques du ministère montrent pourtant que c’est dans les petites écoles que le déficit en directeurs est le plus grand. Et si on en croit Francis OUDOT, responsable de l’ANDEV (Association Nationale des Directeurs de l’Education des Villes) et auteur d’un "Guide de l’éducation", la situation des directeurs d’écoles rurales n’est pas si reposante.

L’ANDEV a recensé une trentaine de métiers liés à l’école dans les communes. Comme les petites communes n’ont pas les moyens (ni souvent la connaissance) pour avoir de tels services, la charge de travail est répartie entre élus, employés communaux et... directeur de l’école.

On pense bien sûr aux inscriptions qui incombent aux mairies mais sont faites par le directeurs ou aux commandes de mobilier. On pense peut-être moins selon les endroits à
- la gestion de la restauration scolaire et de la péri-scolaire,
- le contrôle de l’état des équipements et matériels scolaires,
- la création et la vie d’un CEL éventuel,
- la gestion de la caisse des écoles, d’ailleurs hélas souvent remplacée par
la coop, elle aussi gérée par le directeur,
- le gardiennage de l’école lorsqu’il y loge,
- la responsabilité des espaces numériques scolaires,
- l’achat et la maintenance du parc informatique, vidéo...
- la responsabilité tout seul de l’hygiène, la sécurité et la prévention à l’école...

et encore, quand il n’assume pas, avec ses adjoints, la construction de ses étagères, le marquage de la cour pour la pratique de l’EPS et autres.

A noter également qu’il organise (avec les adjoints concernés) la classe de neige, organise les actions pour la financer, perçoit la participation des parents pendant qu’en ville, très souvent, ces fonctions sont assurées par les services municipaux et que l’enseignant qui part est en plus indemnisé. Il n’est d’ailleurs pas rare, dans les grosses villes, que le directeur à qui on a délégué certaines fonctions, soit indemnisé.

Francis Oudot, parlant de l’école dans les communes de moins de 2000 habitants parle du "degré zéro de l’aménagement éducatif du territoire".
"Son organisation [...] repose sur l’engagement personnel du directeur de l’école." Et même pour les plus grosses (jusqu’à 5000 habitants) : "[...] le
niveau de structuration y est minimal, le directeur d’école restant un délégataire [...]"

Plus loin, on pourra lire : "Elle fait largement appel à l’initiative et l’engagement des enseignants. [...] Cet engagement appelle par ailleurs les collectivités locales à faire des efforts pour les personnels d’accompagnement, les locaux et les équipements, pour les déplacements liés
aux projets éducatifs et à réhabiliter des logements pour les prof. d’école, facteur de stabilité."

Chaque commune étant responsable de son école, personne ne gère finalement le problème, laissant chaque directeur seul face à sa mairie. Encore un secteur où un pilotage serait nécessaire ! Et l’Education Nationale doit prévoir des
moyens humains et en temps
pour affronter les difficultés spécifiques à la ruralité et pour que cet engagement personnel des directeurs souligné ici ne soit trop vite découragé.

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