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Ecoles rurales responsables !

2004

Le métier

Réactions sur les « bons résultats » des évaluations de l’Yonne et les « bonnes idées » en guise de solution...

Cette fois, on a l’explication : les responsables des très mauvaises évaluations pour le département de l’Yonne sont... les collègues des écoles rurales !

Diagnostic sans appel... Remède de l’administration :

éliminer les écoles rurales qui, par leurs isolements culturel, géographique... contribuent à la progression de l’illétrisme galopant dans l’Yonne et créer des pôles de regroupements scolaires.

Traduisons : rhabiller Pierre (un peu) en déshabillant Paul (beaucoup)... Une fois de plus, l’institution se ment, nous ment ou fait les deux...

Qu’on apporte la preuve objective et incontestable que les écoles à gros effectifs obtiennent de meilleurs résultats que les autres ! Disons-le sans détour : les résultats des évaluations sont en fait un prétexte à une intention qui couve depuis des années : regrouper les effectifs en vue d’économies budgétaires substantielles.

On jette en pâture à la presse des chiffres sans aucune analyse et cette démarche intentionnelle a pour effet de faire douter de la compétence des maîtres ! Il y a bien longtemps qe les enseignants et les élus de base connaissent les causes de l’échec scolaire : appauvrissement matériel et culturel des milieux sociaux les plus modestes en raison de choix politiques d’une société qui aujourd’hui fabrique de l’exclusion à tour de bras et marginalise toute une population devenue vulnérable. L’institution scolaire est de moins en moins perçue comme une planche de salut pour la réussite socio-professionnelle.

Que notre Sainte Administration écoute ses maîtres dans les écoles et elle entendra à peu près ce discours : les élèves ne sont plus motivés, les élèves désapprennnent, les règles éducatives de base ne sont plus acquises, il faut d’abord faire la police dans les classes pour pouvoir travailler- longtemps, l’institution a pratiqué ce parisianisme dépassé qui décrète une fois pour toutes la géographie de l’échec scolaire comme étant cantonnée uniquement dans les quartiers populaires des villes.

Ignore-t-elle que « la pauvreté matérielle et intellectuelle » s’est déplacée de la ville vers la campagne et que l’on ne peut plus dès lors se satisfaire d’un raisonnement pratique, caricatural et erroné ? La mission des comptables cramponnés à leurs calculettes est leur obstination à faire émerger la notion de rentabilité au service public de l’Education Nationale en s’attaquant au fragile équilibre du réseau rural. Ils oublient trop vite que l’école du village est le lieu de vie principal, le point de rencontre de la communauté locale.

Mais tous les moyens sont bons pour démanteler, y compris le mensonge et la mauvaise foi !

Gilles Cheminant
professeur des écoles

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