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Syndicat National Unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC

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Réseaux d’écoles : progrès ou danger ?

samedi 3 janvier 2004, par SNUipp 89

Le système scolaire

Attention, cet article est ancien. N'hésitez pas à vous adresser à la section pour vous assurer que les renseignements qui y figurent sont toujours valables.

Un texte sur les réseaux d’écoles est actuellement en discussion entre le ministère et les organisations syndicales.

Question complexe, et, si l’on se réfère au passé, cette question revient régulièrement hanter nos responsables.

Ce fut d’abord, dans les années 60-70, la mise en place des " RPI " (regroupements pédagogiques intercommunaux). Si dans un premier temps, ils ont parfois pu rompre partiellement l’isolement des collègues en milieu rural, s’ils ont pu éviter la fermetures de certaines écoles, l’administration a très vite su les utiliser comme des machines à récupérer des postes, par le biais de la globalisation et finalement, aujourd’hui, certains regroupements ne se font pas par crainte qu’ils ne se traduisent par des fermetures de postes.

Il y a ensuite eu les " GRECO " (groupements d’écoles) que l’IA de l’Yonne a essayé d’imposer au milieu des années 90. Là, au-delà du discours pédagogique et du poste de "coordonnateur de GRECO", la tentative de mettre en œuvre une superstructure administrative pour mieux contrôler ce qui se passe sur le terrain était assez évidente et cette tentative restera confidentielle. Il y a 3 ans sont apparus les " RRE " (Réseaux Ruraux d’Education ". L’idée était déjà de " rompre l’isolement " et de " mutualiser " les expériences. Hélas, rapidement, il est apparu que les RRE se mettaient en place là ou l’administration l’avait décidé. Certaines demandes de terrain virent mystérieusement leurs projets rejetés comme "non-conformes", ou "mal ficelés", voire "trop pédagogiques" !

Aujourd’hui, le projet de "réseaux d’écoles" va bien au-delà.
Il s’articule en effet avec la politique d’aménagement du territoire et la décentralisation. Vous pouvez trouver ici le projet ministériel à télécharger

Pour nous, il comporte des aspects positifs :

- création d’un coordonnateur de réseau déchargé (partiellement ou totalement), - il affirme la volonté de rompre avec le creusement des inégalités d’équipements et de financements entre écoles,
- il impose à l’administration une anticipation dans l’élaboration de la carte scolaire.

Par contre, d’autres points sont inquiétants :

- désignation du coordonnateur par l’IA avec lettre de mission (lors d’une dernière mouture du projet, il est dit qu’il pourrait être un enseignant "autre" que l’un des directeurs du réseau)
- des missions pour le coordonnateur qui nous interrogent (peut participer à la formation initiale et continue des directeurs d’école, interlocuteur … du monde économique, assure le suivi des activités périscolaires…).
Au bout du compte, un projet permettant une optimisation pédagogique, pour le bien des élèves qui nous sont confiés, ou une (nouvelle) tentative de mettre en place des "super directeurs" relais (zélés) de l’administration sur le terrain ?
Le conseil national extraordinaire du SNUipp a pris position sur ce projet

Daniel Cordillot

Nous sommes demandeurs de vos expériences, témoignages, propositions sur ces questions de l’aménagement du territoire et de service public d’éducation...
A vos plumes, mail ou téléphone...

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