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Bombannes 2003

Philippe Meirieu : " Peut-on encore " faire l’école aujourd’hui " ? Quelles spécificités pour la transmission des savoirs dans l’espace scolaire ? "

lundi 27 octobre 2003, par SNUipp 89

Le système scolaire

Attention, cet article est ancien. N'hésitez pas à vous adresser à la section pour vous assurer que les renseignements qui y figurent sont toujours valables.

Philippe Meirieu a été enseignant dans le premier et second degré ; il est actuellement directeur de l’IUFM de Lyon. COmme d’habitude pour les témoignages de ce site, sa position n’est ici présentée que pour contribuer au débat. Il ne s’agit évidemment pas d’un positionnement "SNUipp".

Le déclin des institutions impose aujourd’hui bien souvent de refaire l’école pour pouvoir refaire la classe au risque d’exclure ceux qui n’ont pas intégré le code.

1. Quels principes pour une institution ?

- L’école n’est pas seulement un service mais aussi une institution
- Il faut passer de savoirs fragmentaires à des savoirs que peuvent s’approprier tous les individus.
- L’idée d’homogénéité est dangereuse, il serait tentant d’opposer alors l’identique au différent et de ce fait exclure la possibilité du vivre ensemble. L’apprentissage en commun ne suppose pas une homogénéité idéologique.

- Ce qui structure la classe ce n’est pas celui qui crie le plus fort mais celui qui démontre le mieux ; l’idée de justesse et de vérité doit toujours prévaloir à celle de violence et de séduction.

- Réussir ou comprendre ? réussir c’est chercher à résoudre un problème à l’économie , comprendre c’est intégrer des mécanismes pour pouvoir les transférer dans d’autres situations. La classe est un lieu où l’on doit pouvoir se tromper sans risque.
- L’école soit être son propre recours : en matière d’apprentissage et en matière d’aide méthodologique. 36 % des enfants ont recours à leurs parents pour faire relire un devoir à la maison et les autres ?

- La laïcité c’est lutter contre toutes les formes d’emprise dans l’école.

2. Le maître et ses contradictions, ses tensions.

- Instruire ou éduquer : aimer ou être libre.
- Stimuler le désir d’apprendre et reconnaître son impouvoir sur la liberté de l’autre.
- Créer des conditions permettant de prendre un risque.
- Ne pas arracher l’individu à ce qu’il est mais élargir son épanouissement. Plus vous vous engagez, plus l’autre s’implique dans sa propre réussite.
- Former des citoyens sans supposer que cette formation est déjà faite ou qu’elle s’effectuera toute seule. " L’obéissance à la loi qu’on s’est soit même prescrite est liberté. " Rousseau
- Diminuer progressivement les contraintes : accompagnement et autonomie.
- Inventer des formes d’intelligence collective.

3. La classe : repères déterminants.

- La classe comme un " espace hors menace " ; on ne peut apprendre que si les menaces sont suspendues.

- Importance des rituels ; l’organisation du temps et des lieux fait l’objet de rituels qui permettent de faire apparaître des postures mentales, des comportements clairement attendus.

- Arbitrer entre les opinions : ce sont les objets qui vont arbitrer. L’objet va permettre de ne pas croire le maître sur parole mais d’avoir recours à l’expérimentation.

- Différencier tâche et objectif ; c’est la tâche qui est au service de l’objectif et non l’inverse.

- Démocratie : apprentissage de la vie collective. La sanction permet un retour dans le groupe dont l’élève s’est lui-même exclu ; elle reconnaît à l’élève la responsabilité de ses actes et lui permet de revenir dans le groupe.

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