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P. Privat : Penser le groupe, penser en groupe, se penser en groupe.

dimanche 26 octobre 2003, par Eric Apffel

Psycho et enseignement...

Attention, cet article est ancien. N'hésitez pas à vous adresser à la section pour vous assurer que les renseignements qui y figurent sont toujours valables.

Pierre Privat est psychanalyste et pédo-psychiatre. il est directeur médical du centre Claude Bernard à Paris. Il a été longtemps directeur du CMPP d’Auxerre. Son intervention s’intitulait "Penser le groupe, penser en groupe, se penser en groupe." Après une évocation de l’historique des recherches sur les groupes, on entra dans le vif du sujet.

Histoire du "groupage"

Notre culture n’est pas groupale. La religion ne fonctionne pas comme ça. La monarchie non plus. Chez nous, la référence serait "la famille". Or historiquement, le groupe a précédé la famille qui n’apparaît qu’au neolithique alors que les humains vivaient en groupe depuis le paléolithique.


Comment faire un groupe

Il ne suffit pas de mettre des gens ensemble pour faire un groupe. Il faut créer le sentiment d’appartenance. C’est une fois que le contenant est fait (le groupe) qu’on peut travailler sur les différences. Ensuite le groupe sert d’étayage, car le but n’est pas d’avoir un beau groupe. Ce n’est qu’un moyen pour aider les individus. D’ailleurs, il faudra aussi travailler sur la séparation, le désétayage.

Or le groupe est inquiétant au début, c’est à nous de le rendre attrayant. Surtout pour le noyau dur de l’échec scolaire, ceux qui sont handicapés par des peurs ancestrales (la séparation, la perte d’indentité, la mort...). Et plus le groupe est grand, plus il est senti comme dangereux.

Le groupe se fait sur la part d’indifférenciation qu’il y a en chacun. Il faut donc travailler autour de ce "plus petit commun dénominateur". Il faut passer de la rivalité à la coopération. Exacerber la rivalité, c’est tuer le groupe.

Lorsqu’on constitue un groupe d’enfants, surtout jeunes, il est essentiel de travailler aussi avec le groupe de parents (à constituer en groupe donc), en particulier sur la séparation. Car pour eux, l’enseignant est vécu comme celui qui leur prend leur enfant.

Lorsqu’on crée un groupe, au début, il y a des phénomènes de base inconscients qui peuvent soit favoriser, soit empêcher le groupage.
- les réactions d’attaque et de fuite
- le couplage ou deux éléments se mettent ensemble pour se protéger du tout, ou pour en attaquer un troisième
- réactions de défense
Ces phénomènes se canalisent dans les règles de fonctionnement du groupe.

Il faut aussi se méfier de certains phénomènes qui permettent pourtant de créer un groupe. Ils ne sont pas forcément à proscrire, à condition d’en sortir :
- Le bouc émissaire, et dans ce cas, il vaut mieux qu’il soit extérieur au groupe.
- L’illusion groupale, où le lien commun est un malentendu, une illusion d’accord entre les membres.


Interventions de la salle

- Des interrogations sur les CLIS : à la lumière de cette approche, comment l’élève de CLIs peut-il s’intégrer dans sa classe d’intégration et comment créer un groupe entre les membres de la CLIS. P. Privat confirme que pour lui, il s’agit d’un non-sens, plus susceptible de créer des difficultés que d’en résoudre.
- La taille des classes : en thérapie, les groupes comptent de 8 à 12 participants. En dessous d’un certain nombre, le groupe ne peut se constituer, mais au delà d’un autre, il est vécu comme trop dangereux. D’après P. Privat, des classes de 25 et plus d’élèves doivent être très difficiles à constituer en groupe, surtout pour les élèves qui ont le plus de résistances.
- Et l’adulte ? L’adulte fait bien partie du groupe qu’il constitue, même si c’est avec un statut particulier. Lorsqu’on constitue un groupe, on y met sa partie infantile. Le groupe d’élève est donc lié à l’adulte qui l’a créé.
- Les maternelles Il paraît évident qu’on ne peut constituer la classe en groupe dans les conditions actuelles. Il y a trop d’élèves, et que des formules sont à trouver. A une description des classes passerelles, P. Privat a réagi en disant qu’il s’agissait probablement d’une bonne formule et qu’il faudrait aller dans ce sens.
- les décloisonnements et les échanges de service : bien souvent, les décloisonnements et les échanges de service ont pour fonction davantage de souder le groupe d’adulte en leur donnant bonne conscience plutôt que d’aider les élèves à apprendre. P. Privat a confirmé qu’il avait bien le même sentiment et a émis quelques réserves sur l’intérêt de ces dispositifs.
- Le collège : un participant a émis l’idée qu’au collège, en l’absence d’adulte responsable de la constitution du groupe, les élèves le faisaient eux-même, mais autour de la notion de bouc émissaire. Que certains élèves se trouvaient exclus. Et que pour finir, on avait bien des groupes, mais certainement pas des collectifs de travail.

Messages

  • bONJOUR ARTICLE TRES INTERESSANT MAIS QUELS SONT LES AVANTAGES ET INCONVENIENTS, POUR VOUS, D’ECLATER UNE CLASSE EN IME "MPRO" (ADOLESCENTS DEFICIENTS INTELLECTUELS MOYENS AVEC TROUBLES DU COMPORTEMENT)de 15 ado POUR EN FAIRE 4 GROUPES DE NIVEAU QUI CHANGENT TOUTES LES HEURES DE PROFESSIONNELS (SOIT 4 / 2 INSTIT,1 ES, 1 ME Stagiaire : moi même)et donc de locaux ? cela m’aidera pour mon mémoire de monitrice éducatrice merci d’avance

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