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C. Forestier : L’état de l’école : faut-il revoir les objectifs ?

dimanche 26 octobre 2003, par Eric Apffel

Le système scolaire

Attention, cet article est ancien. N'hésitez pas à vous adresser à la section pour vous assurer que les renseignements qui y figurent sont toujours valables.

Christian Forestier est président du HCéé (Haut Conseil de l’Evaluation de l’Ecole) et, à ce titre, a rendu un constat sur l’état de l’école devant servir de base au grand débat sur l’école. Voici un compte-rendu de la présentation qu’il en a fait à Bombannes à l’occasion de la 3° université d’Automne du SNUipp, lors d’une intervention titrée : "L’état de l’école : faut-il revoir les objectifs ?"

Le mur du son du système éducatif

En 1982, 70% de la population active n’avait pas plus que le certificat d’études. Ceci nous situait en retard par rapport aux pays comparables.

De 1985 à 1995, le taux de réussite au bac progresse de 10% par génération ce qui aboutit à un doublement du pourcentage de français l’obtenant. En même le temps, le nombre de jeunes sortant sans qualification du système éducatif est divisé par deux.

En 1989, Lionel Jospin inscrit dans la loi ce qui est en train de se passer et fixe les objectifs pour les 10 ans à venir (échéance donc en 1999) :
- aucun jeune ne doit quitter le système scolaire sans qualification (CAP minimum)
- 80% de chaque classe d’âge doit avoir le niveau bac.

Mais en 1996, tout s’arrête
- Le nombre d’élèves sans qualification ne baisse plus (60000 chaque année)
- le nombre de bacheliers stagne, mais, si on en regarde que les bac généraux, le nombre baisse (augmentation des bacs pro).


Faut-il le franchir ?

On peut penser qu’on a atteint un palier, une limite inéluctable contre laquelle on ne pourrait rien, mais plusieurs choses laissent penser que ce n’est pas le cas.
- Si on avait affaire à une limite supérieure, on l’aurait sans doute atteinte petit à petit, chaque effort supplémentaire n’apportant qu’une amélioration toujours moindre, et ce n’est pas le cas. On a un arrêt brutal dans une accélération continue et on assiste même à un retour en arrière.
- Les résultats actuels ne sont pas satisfaisants
En effet :

Pour ce qui est du premier objectif (0% sans qualification)

- 15% des jeunes quittent le système éducatif sans qualification (CAP, BEP, bac) alors que la moyenne de l’OCDE est de 18% (Japon 7%, USA 21%)
- La formation tout au long de la vie rend nécessaire de rester sur l’objectid de 0%. En effet, on constate que ceux qui retournent le plus vite en formation sont ceux qui ont réussi la première.

Pour le deuxième objectif (80% au bac), on peut penser à deux grilles de lecture

1) La démocratisation  :
Il semble qu’on ait bien réduit le déterminisme social, mais les choses ne sont pas si simples. Effectivement, si la part d’enfants d’ouvriers obtenant le bac a plus progressé que celle des enfants de cadres, on doit aussi constater qu’ils ne passent pas le même bac : les cadres passent des bacs généraux quand les fils d’ouvriers passent des bacs technologiques.

2) De quoi la société française a-t-elle besoin ?
Tous les modèles de prévision des besoins de la société française pour les années à venir convergent sur une idée : nous allons manquer de diplômés au niveau licence et plus et nous allons avoir un excédent de personnes ayant CAP ou moins. Nous sommes efectivement dans un pays qui ne sait pas utliser (moins que les autres pays comparables) les personnes sans qualification, à cause du manque d’emplois dans la production.

Un objectif raisonnable serait : 70% de licenciés en 2010 !, ne searit-ce que pour pourvoir le grand nombre d’enseignants à renouveler d’ici-là.


Combien ça coûte ?

- Est-ce que ça coûte beaucoup : oui !
- Est-ce que ça coûte trop : non !
En France, on dépense environ 100 milliards d’euro.

Pour les écoliers, la dépense est comparable à celles des autres pays.
Pour les collègiens, on est un peu au-dessus des autres
pour les lycéens, on dépense beaucoup d’argent
mais l’enseignement supérieur français, lui, n’est pas cher du tout !


L’amélioration, à quel prix ?

A la question de savoir si on peut faire mieux avec moins d’argent, Christian Forestier répond non. Il croit qu’on peut sans doute faire mieux pour le même prix, mais probablement pas à la hauteur des enjeux.

Quand à dépenser plus, la question est surtout de savoir si la France peut se le permettre.

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