SNUipp-FSU 89

Syndicat National Unitaire des Instituteurs PEGC et Professeurs des écoles

Accueil > Société > 11 mai : la reprise ?

11 mai : la reprise ?

jeudi 16 avril 2020, par Marianne Grignon

Société

Avec l’annonce de la réouverture des écoles dès le 11 mai le Président de la République a créé la surprise et surtout l’incompréhension à la fois dans la communauté éducative, mais également au sein de la communauté scientifique et médicale ou encore dans l’opinion publique.

Le SNUipp-FSU 89 affirme que la reprise de l’école ne peut qu’être extrêmement conditionnelle et que la priorité doit rester sanitaire sur tout autre considération économique et pédagogique

En terme économique, la reprise de l’école vise essentiellement à permettre une reprise de l’activité économique et du travail qui lui-même ne peut se faire que dans des conditions sanitaires strictes. Le monde du travail ne doit pas, en dehors des activités essentielles, se mettre en risque et payer directement les effets de la crise sanitaire. La crise sanitaire doit surtout permettre de valoriser des ruptures avec les politiques néolibérales à l’œuvre en participant à la construction d’une nouvelle donne économique et sociale notamment dans la répartition des richesses

En terme sanitaire, la reprise de l’activité et des écoles est un pari risqué et contesté par nombre de chercheurs de l’Inserm notamment. La stratégie du "stop and go" qui semble choisie est plutôt une stratégie d’adaptation à la pénurie de lits et de places en réanimation puisque le cycle d’occupation de ces places induirait le cycle de période de confinement et de déconfinement. Cette option confirme une gestion comptable même si elle s’impose en terme pragmatique. La plupart des stratégies mises en œuvre sont surtout des justifications des pénuries de masques comme de test.

En terme éducatif, la reprise de l’activité ne peut se justifier seulement par la crainte des inégalités qui effectivement s’amplifient sans l’école mais pour lesquelles une bonne part des politiques de restriction et d’austérité mises en place ont accru leur rôle avant la crise sanitaire. Il ne peut donc y avoir que de reprise générale, concernant tous et toutes, ou aucune reprise au risque de confiner l’école dans un rôle réducteur de dispositif éducatif réservé aux plus en difficultés et/ou plus démunis.

A lire : Réouvrir les écoles par promesse d’égalité ? par Paul Devin

Enfin, en terme de conditions de travail et de conditions sanitaires, la reprise s’avère être contre-productive.

Pour la FSU, la garantie de la protection sanitaire est la condition sine qua non du retour en classe : tests, mise à disposition de matériel de protection, conditions permettant le strict respect des gestes barrières et la distance physique de protection nécessaire. Cette réouverture des écoles et des crèches ne doit pas mettre en danger la société toute entière. Par ailleurs, la FSU exigera que les objectifs de l’enseignement dans la période soient clarifiés : il s’agira d’une période très particulière, sans la présence de l’ensemble des élèves et avec des petits groupes, il ne s’agira pas de mettre la pression sur les personnels comme sur les élèves. Un vaste plan doit être concerté et réfléchi dès maintenant pour la reprise en septembre, tant pour le travail scolaire et universitaire que pour l’accompagnement social et psychologique des élèves et des personnels.

Les réactions du SNUipp-FSU dans les médias suite à l’annonce présidentielle

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

'