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Le fantasme de la dyslexie

mercredi 26 mars 2003

Dossier dyslexie

Attention, cet article est ancien. N'hésitez pas à vous adresser à la section pour vous assurer que les renseignements qui y figurent sont toujours valables.

La dyslexie, par définition, ça doit être un dysfonctionnement de la "lexie" (pratique de la langue écrite). Dans notre jargon d’instits, on peut associer dyslexie et difficulté d’apprendre à lire, plus précisément d’entrer dans la correspondance grapho-phonologique. Essayons d’interroger le concept… et ce qui se cache derrière !

Certains nous disent que la dyslexie, c’est scientifique, prouvé par A+B, qu’il n’y a rien à dire. Et si, nous autres instits de base, on se donnait le droit d’interroger les "sciences", surtout quand elles ont l’air de ne pas être d’accord ? Je retiendrai trois entrées :

- La psychologie cognitive, dans son courant fonctionnaliste, essentiellement anglo-saxon, compare le cerveau à un ordinateur. Le "trouble" est donc "repérable" et "réparable". Cette conception est à la mode dans l’Éducation nationale, et ailleurs…

- Le courant "constructiviste (ou piagétien) considère davantage l’enfant comme une personne globale, qui passe par des stades différents, dont la personnalité peut ne pas être prête à tel type d’apprentissage, par exemple parce que les stades antérieurs ne sont pas consolidés.

- Le courant "socio-constructiviste" (reprenez un Efféralgan pendant que c’est remboursé...) pour qui l’enfant construit ses savoirs à plusieurs, dans un groupe, avec un sens donné de l’activité, plus ou moins partagé avec les autres...

L’écrit est alors un outil intellectuel, social, culturel, issu de l’histoire de l’humanité, que l’enfant doit s’approprier (sous peine, dans le cas contraire, de rester sur le bord du chemin de la Culture…)

Au vu de ces trois entrées (je demande pardon à "ceux qui savent" pour les raccourcis), l’instit de base que je suis voit bien que ça se complique, que c’est moins simple qu’à la conférence pédagogique…

En revanche, ce qui apparaît plus clair dans ma boule de cristal personnelle, c’est que les solutions simplistes n’ont aucune chance d’être efficaces. Les régimes spéciaux, classes spéciales ou rééducations spécialisées pour dyslexiques me paraissent bien trop simplistes pour être vraies…

Les "personnes autorisées" de l’Éducation Nationale qui nous font croire qu’il existe des "troubles" de l’apprentissage de la lecture (on pourrait dire des maladies, ça serait plus clair) qu’on peut "dépister" et "traiter" nous prennent pour des imbéciles (ou n’ont pas lu grand chose, ce qui serait aussi grave…).

Alors, au delà de nos "guéguerres pédagogiques", ne laissons pas à d’autres le soin de construire ensemble des réponses pour qu’on apprenne mieux à lire dans nos écoles…

Manu Ronot

Messages

  • L’aspect important (et central ?) que souligne Jacques Fijalkow est l’enjeu politique et economique que l’ouverture d’un marche de la dyslexie represente. En Grande-Bretagne, d’ou je vous ecrit, personne n’oserait polemiquer sur les fondements d’un secteur (tres ?) lucratif. Inutile de preciser que les consequences sur la qualite de l’education sont loin d’etre optimales.

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