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Fijalkow est méfiant, plus que méfiant...

mercredi 26 mars 2003

Dossier dyslexie

Attention, cet article est ancien. N'hésitez pas à vous adresser à la section pour vous assurer que les renseignements qui y figurent sont toujours valables.

Jacques Fijalkow, spécialiste de la lecture et de l’entrée dans la culture écrite, pense que le "Plan d’action pour les enfants atteints d’un trouble spécifique du langage" (ci-contre) est porteur de quatre risques majeurs :

1. Un risque relatif aux enfants visés par ces mesures :

rien ne dit en effet que le fait de caractériser les enfants mauvais lecteurs de "dyslexiques" permette de résoudre le problème qu’ils posent. On peut même craindre que la stigmatisation ainsi opérée et la ségrégation qu’elle porte en germe ne l’aggravent.

2. Un risque relatif aux enseignants dans les classes desquels sont scolarisés ces enfants.

Le fait de considérer ces enfants comme "autres", et relevant donc d’une expertise non strictement pédagogique, peut inciter les enseignants à adopter une attitude de déresponsabilisation par rapport à eux et, par suite, aux difficultés scolaires. A l’acharnement pédagogique, qui est une des caractéristiques remarquables des enseignants français et une des raisons de leur efficacité auprès des élèves les plus faibles, on risque donc de voir se substituer une attitude d’abandon des élèves en difficulté.

3. Un risque relatif à l’école publique.

Dans un contexte politique où l’école publique est confrontée à de fortes poussées libérales, on peut craindre que confier certains élèves à des personnels extérieurs à l’Éducation nationale ne renforce le processus en cours.

4. Un risque relatif aux inégalités scolaires.
Il a été maintes fois vérifié en effet qu’une différenciation opérée dans une sous-population scolaire au bénéfice présumé d’une population à risque a pour conséquence, non pas de réduire les difficultés de ceux en faveur desquels elle a été instituée, mais de permettre aux autres de progresser plus vite et donc d’accroître l’écart entre le groupe que l’on a déclaré vouloir favoriser et le reste de la population.

(extrait de "Psychologie et Education", n°47, décembre 200l)

Messages

  • J’ai du mal à saisir les résistances à l’égard des solutions que les ministères successifs essaient de mettre en place face à l’echec de l’apprentissage de la lecture et les souffrances qui en résultent. Pour ma part, la collaboration avec les orthophonistes s’est toujours révélée fructueuse et dynamisante. Le diagnostique de dyslexie a toujours été très réservé de la part des orthophonistes, seuls habilités à effectuer un tel diagnostique, me semble-t-il...Mon optique a toujours été non pas de stigmatiser mais de répondre à des difficulés passagères qui ne conditionnent en rien l’avenir de l’élève.

    • Il se trouve que le principe meme de dyslexie n’est pas aussi clairement determine qu’on pourrait le croire. L’un des specialistes francais du sujet, Franck Ramus, le dit lui-meme : "... les mauvais lecteurs non-dyslexiques ont souvent des capacites phonologiques sous-developpees." Comment, alors, faire la difference entre les vrais et les faux dyslexiques, puisque ces "troubles" lies a la phonologie sont a la base du concept de dyslexie ? Il me semble, dans ces conditions, que le debat est loin d’etre clos.

      Quant aux consequences d’un diagnostique, il est evident qu’elles affecteront la psychologie et la personnalite de l’enfant.

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