SNUipp-FSU 89

Syndicat National Unitaire des Instituteurs PEGC et Professeurs des écoles

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Grève du 10 octobre : quels enjeux pour les enseignants ?

jeudi 5 octobre 2017, par Johann Goût, SNUipp 89

2017-2018

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Outil : lettre aux parents

Vous trouverez ci-dessous une proposition de lettre aux parents.

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Jour de carence : injuste et inefficace !

Le rétablissement du jour de carence en cas de congé maladie représente une double peine pour les fonctionnaires : en plus de constituer une nouvelle amputation de leur pouvoir d’achat, venant s’ajouter à celles dues au gel de la valeur du point, à l’augmentation des cotisations retraites, il punit les agents, considérant qu’ils sont coupables d’être malades. Et cela est renforcé pour les enseignants, particulièrement exposés aux maladies et ne bénéficiant d’aucune médecine de prévention.
Le jour de carence est inefficace. Les données comparatives pour les salariés du privé le confirment, il conduit à différer l’arrêt de travail et à dégrader davantage l’état de santé du salarié. Les arrêts sont donc moins nombreux mais plus longs.
De plus, des liens entre les absences pour raison de santé et les mauvaises conditions de travail sont établis. La FSU exige des mesures concrètes pour améliorer la qualité de vie au travail dans la Fonction Publique. C’est une question d’intérêt général.
Parler d’équité avec le privé est injuste lorsque pour deux tiers des salariés du privé les jours de carence sont compensés par l’employeur. Plutôt que s’aligner sur les conditions les plus défavorables, il faudrait au contraire mieux protéger les salariés du privé qui sont les moins bien couverts et exiger la fin des jours de carence, dans le privé comme dans le public !

Se mobiliser le 10 octobre, c’est refuser la double peine en cas de maladie

Remise en cause de PPCR ?

Cet accord conclu avec le précédent gouvernement constitue pour la FSU un début de revalorisation, certes insuffisant mais qui permet une amélioration des carrières.
Certaines mesures ont déjà été mises en œuvre : revalorisation de la grille indiciaire, accès plus large à la hors classe (bien que toujours insuffisant), resserrement des carrières et création de la classe exceptionnelle (dont les conditions sont inacceptables car réservées à quelques-uns).
Le ministre de l’action publique a annoncé le « possible décalage » d’un an à partir de janvier 2018 des prochaines mesures PPCR prévues jusqu’en 2020, ce qui serait une trahison de l’engagement de l’Etat.
Le report de calendrier retarderait à 2019 l’augmentation de 5 points d’indice dans le cadre du transfert des primes en points, à 2020 la seconde revalorisation générale de tous les indices et à 2021 la création d’un nouvel échelon de la hors-classe.
La FSU s’oppose à ce report et exige une amélioration des rémunérations qui permette un rattrapage progressif des pertes de pouvoir d’achat depuis 2010 dans un calendrier plus resserré.

Se mobiliser le 10 octobre c’est obliger l’Etat à tenir ses engagements et rappeler la réalité des salaires enseignants en France

Suppressions inacceptables des emplois aidés

Le gouvernement a annoncé la diminution drastique des emplois aidés. Dans l’Education nationale, ce plan social se traduit par une suppression de 23 157 emplois et un retour brutal à Pôle emploi pour ces salariés.
Malgré la priorité donnée à l’accompagnement des élèves en situation de handicap, des milliers d’élèves ont dû faire la rentrée avec peu ou pas d’accompagnement. Ces suppressions d’emplois signent aussi la fin de l’aide administrative à la direction d’école, inacceptable dans un contexte d’alourdissement des tâches des directrices et directeurs.

Se mobiliser le 10 octobre c’est exiger le renouvellement de ces contrats dans l’attente d’un plan de formation et de qualification solide et de la création d’emplois pérennes.

Augmenter la CSG pour perdre en pouvoir d’achat ?

Le gouvernement s’était engagé à augmenter de 1,7 % la CSG (contribution sociale généralisée) et à supprimer les cotisations sociales pour que « chaque actif puisse mieux vivre de son travail », remettant en cause au passage le financement de la Sécurité sociale et de l’Assurance chômage. Cela constitue une augmentation de pouvoir d’achat pour les salariés du privé, mais pas pour les fonctionnaires contrairement aux engagements de campagne.
Ceux-ci n’étant pas assujettis aux cotisations chômage et maladie, le 1 % de contribution exceptionnelle de solidarité serait supprimé et le manque à gagner d’environ 0,7 % serait complété par une indemnité.
Ce scénario proposé par le gouvernement n’est pas acceptable et pourrait même se traduire par une perte de rémunération. En effet, les modalités de calcul de cette indemnité telles qu’elle sont proposées par le ministère ne sont pas acceptables. Les nouveaux recrutés de la fonction publique n’en bénéficieraient pas et verraient ainsi leur rémunération nette diminuée de 0,7 %
Les retraités dont la rémunération est supérieure à 1 200 euros subiraient une perte sèche, la revalorisation des pensions de 0,8 % au 1er octobre ayant pour seul objectif de compenser l’inflation avec un gel des pensions qui dure depuis 2014.

Se mobiliser le 10 octobre c’est s’opposer au recul du pouvoir d’achat des enseignants

Nouveau gel du point d’indice

La valeur du point d’indice était déjà restée gelée de juillet 2010 à juillet 2016 avant une mesure de dégel de 1,2% obtenue en 2016 dans le cadre du protocole PPCR, notamment par l’intervention déterminée de la FSU.
Le gouvernement a annoncé un nouveau gel en 2017 et également en 2018 : c’est inacceptable. Les fonctionnaires ont déjà subi près de 9% de perte de pouvoir d’achat depuis 7 ans, en tenant compte de l’inflation et de l’augmentation de la retenue pour la retraite sur le traitement brut. C’est en moyenne une baisse de plus de 1% par an sur le salaire net à payer !
Le raisonnement du ministre conduit à ce qu’une « carrière » se limite à tenter de remonter via les avancements d’échelon ou de grade un escalator qui descend, suite à cette baisse du pouvoir d’achat ! Et quand l’escalator descend, c’est l’attractivité d’un métier qui est remise en cause et au final la reconnaissance des qualifications des agents qui est bafouée.
Par exemple, dans les années 1980, un enseignant en début de carrière gagnait l’équivalent de 1,8 Smic par mois, il n’en gagne plus aujourd’hui que 1,25.
La FSU continuera d’exiger la reconnaissance et la revalorisation de nos métiers et nos qualifications !
Se mobiliser le 10 octobre, c’est peser sur le « rendez-vous salarial » fixé par le ministre.

Des attaques contre les services publics

La politique d’austérité budgétaire s’amplifie, réduisant ainsi le service public à une variable d’ajustement. Pourtant, plus de 5 millions d’agents assurent des missions indispensables au bon fonctionnement de la société : santé, éducation, aide aux personnes âgées, transports, justice… Or, le gel de la valeur du point d’indice, le report des mesures PPCR d’une année, la réintroduction de la journée de carence, la suppression de 120 000 postes sur 5 ans, la baisse de crédits de fonctionnement de 10 milliards… vont dégrader les conditions de vie et de travail des fonctionnaires comme la qualité des services publics.
Dans l’Education nationale, malgré l’annonce de créations de postes à la rentrée 2018 pour dédoubler les CP-CE1 en éducation prioritaire, le compte n’y est pas ! La priorité à l’Ecole passe aussi par la création de postes de remplaçants, de RASED et une baisse des effectifs. Le rapport de l’OCDE confirme à la fois que le nombre d’élèves par classe est un élément de leur réussite et que la France sous-investit budgétairement son école.
Les services publics sont un facteur de lutte contre les inégalités sociales et économiques et, à ce titre, ils doivent être développés dans l’intérêt général.

Remises en cause des droits sociaux

Les mesures et annonces régressives se succèdent : baisse du montant des APL, loi travail et réforme des retraites à venir. Dans les petites entreprises, les pressions sur les salariés seront facilitées en l’absence de délégué syndical. Les indemnités prud’homales pour licenciement abusif seront limitées facilitant davantage le licenciement. Les instances représentatives du personnel (délégués du personnel, comité d’entreprise et CHSCT) fusionneront en une seule instance chargée de toutes les missions au détriment des conditions de travail des salariés. Le CDI de chantier, plus flexible que le CDI classique et moins encadré que le CDD, sera étendu à d’autres branches que le BTP. Ces mesures loin de créer de nouveaux emplois vont précariser davantage les salariés.

Se mobiliser le 10 octobre, c’est se battre pour défendre le projet d’une l’école qui réduit les inégalités, et d’une fonction publique au service de l’intérêt général.

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