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Conseil Supérieur de l’Éducation du 8 juin 2017 : qui a voté quoi sur les rythmes ?

mardi 13 juin 2017, par SNUipp 89

Rythmes scolaires

La réforme des rythmes scolaires s’est faite sans les enseignant-es. Elle a déstabilisé les écoles et dégradé les conditions d’enseignement.

Depuis 2013, le SNUipp-FSU a constamment porté la nécessité d’une remise à plat du décret « Peillon », parce qu’il imposait de manière uniforme la semaine de 4,5 jours à toutes les écoles. Parce qu’il donnait trop de poids aux collectivités locales.

Au Conseil Supérieur de l’Éducation du 8 juin 2017, un nouveau décret a été présenté : ce texte permet, « sous conditions », des évolutions souhaitées par les enseignants.
Avec ce nouveau décret, le ministère propose une modification du code de l’éducation permettant une organisation de la semaine scolaire sur quatre jours à la demande conjointe d’une mairie (ou d’un EPCI) et d’un ou de plusieurs conseils d’école.
Cette demande est adressée au DASEN qui décidera. Le directeur académique peut également décider que la nouvelle organisation s’applique dans toutes les écoles de la commune (ou de l’EPCI) quand une majorité des conseils d’école s’est exprimée en sa faveur.
Ce décret ne ferme pas la porte aux 4,5 jours qui doivent perdurer partout où les conseils d’école le souhaitent.

Bien évidemment, le SNUipp-FSU n’est pas dupe : il faut mettre en relation ce projet de décret avec la volonté du nouveau gouvernement de réduire considérablement à court terme l’aide apportée aux municipalités pour le périscolaire. Des considérations plus immédiates et plus électoralistes sont également dans la visée de celui-ci.

Le SNUipp-FSU a voté POUR.

Les résultats des consultations du SNUipp-FSU

Lire l’explication du vote tout en bas de l’article.

La consultation nationale sur la réforme des rythmes menée par le SNUipp-FSU a recueilli en quelques jours près de 30 000 réponses.
Dans un contexte de conditions de travail difficiles, les enseignant-es des écoles rappellent leurs exigences : près de 75 % d’entre eux souhaitent un retour à la semaine de 4 jours, avec environ 20 % qui demandent les 4 jours avec un raccourcissement des journées et des vacances scolaires.
Dans l’Yonne, plus de 80% des collègues interrogés souhaitent le retour à 4 jours. (voir http://89.snuipp.fr/spip.php?article1634)
Après ces consultations, le SNUipp-FSU a porté la voix de la profession au CSE du 8 juin.

Du côté des autres syndicats enseignants du public :
- le Snalc-FGAF a voté pour ce nouveau décret (avec les voix du SNUipp et des autres syndicats de la FSU, 21 pour au total)
- l’UNSA, le Snudi-FO et SUD Éducation ont voté contre (35 contre) ;
- le SGEN-CFDT et la CGT Educ’action ont refusé de voter (15 refus de vote) ;
- 1 abstention (quelqu’un du ministère)

Comme les enseignant-es pourront le constater, c’est bien le SNUipp-FSU qui a voté pour le décret qui assouplit la réforme Peillon/Hamon.
Le 1er syndicat du primaire joue ainsi son rôle qui est de porter la parole des enseignants.

Lors de ce CSE, le SNUipp-FSU a proposé deux amendements au texte de ce nouveau décret :
- donner l’initiative de la dérogation au conseil d’école ;
- libérer un mercredi sur trois ou un samedi sur trois pour les écoles à 4 jours et demi.

Explication de vote CSE du 8 juin 2017

Nous avons constamment porté la nécessité de revoir le décret Peillon, mené dans la précipitation, partant des contraintes des collectivités, oubliant le plus souvent parents et enseignants. Cette réforme n’a pas atteint son objectif d’améliorer les apprentissages des élèves. Sur ce point, le comité de suivi des rythmes a relevé une plus grande proportion d’apprentissages fondamentaux au détriment d’activités scientifiques par exemple. Cela suppose donc qu’il ne suffira pas de réorganiser la semaine. Encore faut-il que ce soit accompagné d’une organisation des apprentissages.
Elle donne aussi trop de poids aux collectivités locales au détriment des intérêts de l’Éducation nationale et des enseignants et engendre de très grandes inégalités entre territoires.
Les enseignants sont pressurisés par des réunions tardives, des réunions le mercredi après-midi mettant à mal leur disponibilité pour le travail d’équipe ou le temps nécessaire de préparation et de corrections et dégradant leurs conditions de travail.

Ce nouveau décret ouvre la porte aux 4 jours. Il ne les impose pas. C’est une possibilité pour répondre aux organisations insatisfaisantes ou inadaptées. Il maintient les dispositions de fonctionnement sur 4,5 journées. C’est un début de réponse. C’est la raison pour laquelle il a recueilli un vote favorable de la part du SNUipp-FSU.

A cette occasion, le SNUipp-FSU a alerté le Ministère sur le fait qu’il réitére aujourd’hui les mêmes erreurs que Monsieur Peillon, en demandant dans un contexte électoral, des modifications dans la précipitation, à quelques jours de la sortie des classes, créant l’incertitude dans les écoles et les familles. Il permet aussi aux maires de se défaire de fonctionnements parce qu’ils les jugent trop coûteux, où qu’ils estiment ne pas avoir les moyens de les mettre en œuvre. Cela ne doit pas occulter, comme le prône le SNUipp-FSU, une réflexion sur le temps de l’enfant et le temps scolaire et la question de la déconnexion du temps des élèves et du temps des enseignants, sans réduire les heures d’enseignement des élèves, mais en permettant de développer le travail en équipe : axe fort de la transformation de l’école.

Le SNUipp-FSU continue d’être attentif à ce qui est proposé aux enfants après l’école. Offrir des activités de qualité gratuites et encadrées par des professionnels de l’animation avec des contrats stables reste une exigence pour le SNUipp-FSU. Là encore, dans trop d’endroits, les élèves se sont vus proposer de la garderie ou des activités payantes et donc discriminantes pour les familles aux faibles revenus.

Sur tous ces points, notre société doit faire des progrès. Le SNUipp-FSU pense que tous les enfants et notamment ceux des milieux populaires doivent se voir offrir des activités permettant leur développement culturel et social et ce quel que soit le rythme de la semaine retenu. Les associations complémentaires de l’école et d’éducation populaire ont un rôle fondamental à jouer. Les communes dans le besoin doivent être financièrement accompagnées pour développer leur expertise éducative. Si ce décret permet des assouplissements, ce n’est pas là l’essentiel pour l’école. D’autres leviers restent à activer et ceux-ci réclament un investissement fort pour l’école primaire, sans compter l’exigence de politiques publiques sociales, de l’emploi, du logement, de la santé, fortes.

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