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Syndicat National Unitaire des Instituteurs PEGC et Professeurs des écoles

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Permutations, le SNU 89 écrit à la ministre

mardi 2 juin 2015, par SNUipp 89

Vie Syndicale

Attention, cet article est ancien. N'hésitez pas à vous adresser à la section pour vous assurer que les renseignements qui y figurent sont toujours valables.

Parce que l’impossibilité de quitter le département ne saurait être une fatalité, le SNUipp 89 ne baisse pas les bras. Il interpelle maintenant la ministre à laquelle il demande également une audience en compagnie des deux autres départements "trou noir".

Madame la Ministre de l’Éducation Nationale

110 rue de Grenelle

75357 Paris SP 07

Après avoir interpellé notre hiérarchie au niveau départemental et au niveau académique, nous vous adressons ce courrier pour vous alerter sur le résultat des mutations inter-départementales des professeurs des écoles de l’Yonne.
La situation est dramatique pour certains enseignants mais elle est également alarmante pour le fonctionnement du service public d’Éducation alors que tous les indicateurs de réussite montrent que notre département est, depuis très longtemps, en retard.

Le résultat des opérations de permutations est en effet catastrophique pour notre département et s’aggrave d’année en année. Nous arrivons, en 2015, à une situation de quasi-blocage. L’Yonne est, cette année, un des trois départements de France les plus difficiles à quitter. Un très grand nombre de nos collègues désire depuis plusieurs années, jusqu’à dix ans parfois, rejoindre le département où résident conjoint et enfants.

Nous contestons la phase informatique qui ne respecte pas les priorités fixées par votre ministère en matière de mutation (rapprochement de conjoint ou handicap).
Quant à la phase des ineat-exeat, elle ne permet pas de compenser ces mauvais résultats.

Cette situation a comme conséquence directe, dans notre département, une augmentation constante des demandes de disponibilité et de temps partiels qui amène à fonctionner avec un déficit de personnels. L’Inspection Académique reconnaît que 24 postes ne sont pas occupés cette année. Alors que vous affirmez vouloir réduire les inégalités, ce sont souvent les postes d’enseignants-ressource aux plus défavorisés, tels ceux des RASED, qui sont laissés vacants. Ceci vient aggraver la situation dénoncée dans un rapport de l’IGEN et de l’IGAEN en 2004. Ce dernier qui demandait qu’un effort particulier de rattrapage soit fait pour l’Yonne n’a jamais été suivi d’effet.

D’autres conséquences dommageables pour l’ensemble des personnels et pour la qualité de l’enseignement dans notre département résultent de la particularité de l’Yonne :
- absence quasi-totale de formation continue
- pratiquement pas de départ en congé-formation
- refus des temps partiels et des disponibilités sur autorisation
- réduction drastique des départs en formation spécialisée. Les départs en retraite ne sont pas compensés et le nombre d’enseignants non formés est en forte augmentation.
- impossibilité d’obtenir un détachement, même pour le second degré

Pour permettre au département de fonctionner et à quelques collègues d’obtenir une mutation, un grand nombre de stagiaires est affecté chaque année dans notre département (88 en 2015/2016), créant ainsi d’autres situations problématiques. Ceci augmente ainsi le nombre de professeurs qui chercheront à quitter le département, aggravant ainsi le problème. Autres conséquences :
- le blocage de postes au mouvement pour réserver des mi-temps aux stagiaires
- la rupture d’associations de collègues à mi-temps partageant un poste pour placer un stagiaire
- l’augmentation du nombre de professeurs des écoles nommés sur trois ou quatre écoles différentes et souvent sur l’ensemble des niveaux d’enseignement
- l’utilisation des stagiaires comme moyens d’enseignement
- le manque de PEMF pour suivre l’ensemble des stagiaires

Nous espérons, Madame la Ministre, que vos services sauront trouver des solutions pour résoudre la situation particulièrement difficile de l’Yonne.

Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de nos salutations respectueuses,

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