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Syndicat National Unitaire des Instituteurs PEGC et Professeurs des écoles

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Le métier de directeur d’école

jeudi 19 février 2015, par SNUipp 89

Le métier

Attention, cet article est ancien. N'hésitez pas à vous adresser à la section pour vous assurer que les renseignements qui y figurent sont toujours valables.

Une réflexion s’est engagée depuis le début de l’année sur l’allègement des tâches des directeurs. Un groupe de travail a eu lieu avec l’administration.
De notre côté, nous avons organisé récemment un Conseil Syndical Technique sur ce sujet. Plusieurs directrices étaient présentes et ont pu commencer une réelle réflexion sur le métier de directeur d’école.
Voici un compte-rendu de cette réunion.
Mais ce n’est que le début d’une réflexion qui doit se mettre en place.
Cette rubrique doit devenir un lieu de pensée, de réflexion et de débat pour que nous portions vos revendications.
Nous avons besoin de vos contributions sur votre représentation de la fonction de directeur.
Comment voyez-vous votre fonction de directeur ?

Journée SNUipp direction d’école 10 février 2015

A la lecture du référentiel paru au BO du 11 décembre 2014, le métier de directeur se décline sur trois modes : l’exercice des responsabilités pédagogiques, le fonctionnement de l’école et les relations avec les parents et les partenaires de l’école.

Aux dires de toutes les directrices présentes, la partie « relation et communication avec la DSDEN » qui n’est pas mentionnée comme telle, est celle qui apparaît comme étant la partie la plus ingrate du métier « celle qui vous prend le plus la tête », et qui ne cesse d’augmenter.
Cette « communication » fonctionne sous la forme d’ injonctions qui revêtent souvent un caractère d’urgence dont on se demande où est l’urgence. C’est une sorte d’ascenseur qui n’a qu’ une fonction, celle de descendre dans les écoles, rempli de toutes les petites urgences que fabriquent les services. Il y a les injonctions-parapluie, type Vigipirate, Ebola, les injonctions-qui-ne-fonctionnent-pas, type Arc-en-Ciel, les injonctions-de-temps, type « prière de retourner ce tableau dûment rempli de préférence pour hier », les injonctions-impossibles type « fermer toutes le portes à clé et surveiller les entrées et sorties »...
Les directrices appellent cela « un manque de considération ».

Oh là ! là ! les directrices, vous êtes bien susceptibles !
Si, si, c’est un manque de considération ! Parce que ces « urgences administratives » souvent prévisibles, font passer au second plan ce qui doit être la priorité constante : les élèves.

Cet aspect de la fonction, certes nécessaire, doit être remis à plat : les directrices présentes pensent que le travail administratif ne cesse d’augmenter au détriment de tâches beaucoup plus fondamentales dans l’école. Elles disent ne pas toujours comprendre le sens et la réelle nécessité de ce travail demandé.

Il semblerait que depuis quelques temps, les relations avec les communes commencent à revêtir également ce caractère prégnant.
Quand chacune expose la conception de sa fonction, elles mettent toutes en avant l’importance de la construction de l’équipe autour d’un travail collectif, d’une éthique fondée sur des engagements et des valeurs communes. Donner une « couleur » à une école au travers de pratiques pédagogiques, de postures enseignantes élaborées ensemble, de relations parents-enseignants pensées collectivement, est une dimension capitale car elle va impacter la réussite des élèves.

Et pour mener à bien ce qui constitue la vie de l’école, elles ont besoin de temps.

Michèle Vannini, directrice école élémentaire Renoir - Auxerre


N’hésitez-pas à apporter vos réponses et contributions à cet article :
Comment voyez-vous votre fonction de directeur d’école ?

Messages

  • Directrice, un engagement ?

    A chaque fois que l’on me demande ce que je fais, je réponds que je suis enseignante. Ma tâche de directrice ne m’apparaît jamais comme un emploi.
    En tout cas, avant.

    De plus en plus souvent, la directrice prend le pas sur l’enseignante. Ce n’est plus une fonction, un rôle que l’on assume en plus de son travail d’enseignement. Cela devient une profession.
    Est-ce, ce dont l’école a besoin ? Je ne crois pas. Je pense que le directeur doit rester un enseignant ; un co-équipier.

    Qui peut mieux comprendre un enseignant qu’un autre enseignant ? Comment construire une dynamique d’école avec une personne qui ne sait pas ce qu’EST une école ?

    Ce référentiel veut faire de nous des cadres qui contrôlent une équipe ; Des transmetteurs d’ordres ; des aspirants-chefs.

    Ce n’est pas ce qui a motivé mon choix de devenir directrice. Je ne me sens pas capable de faire tout ce qu’énonce ce référentiel. Suis-je donc indigne de rester directrice ? Mon engagement pour l’école doit-il être remis en cause ?

  • Être directeur cela ressemble quand même à un engagement. Demander son inscription sur la liste d’aptitude c’est avoir conscience de ce que cela va représenter comme charge de travail et comme responsabilités. L’ignorer, c’est un peu comme devenir enseignant pour les vacances...

    Quand je défini mon métier de directeur, j’ai l’habitude de dire : « chef de rien et responsable de tout ».
    Je pars du principe que cela ne doit pas empiéter sur ma classe et mes élèves.
    Facile à dire diront certains, pas si compliqué que cela :
    Quand je suis en classe, le répondeur me remplace. Quand l’inspection envoie ses injonctions, je les traite quand j’ai le temps, pendant mon jour de décharge la plupart du temps. Arc-en-ciel ? Jamais ouvert. J’ai cru comprendre que l’on avait pas besoin de moi pour renseigner cette application et on ne m’a jamais rien demandé..
    Nous sommes d’accord, la priorité ce sont les élèves. Je ne suis pas un directeur à plein temps, mais pas un fumiste non plus, alors je fais mon travail de direction le plus honnêtement possible, mais pas au-delà du raisonnable et j’attends depuis 8 ans que l’on vienne me reprocher mon mode de fonctionnement.

    Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on sait que l’administration est déconnectée du terrain. On le constate pour la carte scolaire, la gestion des remplacements et du personnel de manière générale, et cela vaut donc aussi pour les demandes faites aux directeurs. Mais parfois il suffit simplement de le rappeler : « Excusez moi, mais là, je suis en classe » ou « Je vous enverrai ça mardi. ». On peut facilement avoir la considération que l’on mérite, de la part de personnes qui n’ont jamais vu une classe ou une école, si on se contente de bougonner devant le webmail académique ou si on s’empresse de répondre...

    Et puis, si on peut toujours se plaindre de l’administration et de ses injonctions inopinées et pas toujours cohérentes, que pourrait-on dire de certains de nos collègues (pas tous fort heureusement) qui se déchargent sur le directeur ou la directrice de responsabilités qui sont des responsabilités d’enseignants : faire vivre le travail en équipe, l’esprit d’initiative et de proposition, le questionnement des pratiques, les relations avec les parents...Nous y avons tous été confrontés et reconnaissons que cela aussi est épuisant.
    Il serait intéressant d’interroger nos collègues sur leur vision de la fonction de directeur.

    Je suis content d’être directeur car j’assume cette fonction en restant fidèle à mon engagement dans le métier d’enseignant et à mes valeurs.
    Je le demeurerai tant que l’on ne me demandera pas de faire autre chose que ce que je fais actuellement. Et je n’ai pas lu dans le B.O. de décembre d’autres choses que cela.
    Après, c’est vrai qu’être payé 100 euros par mois pour être directeur, eu égard à la charge de travail et aux responsabilités engagées, vaut mieux aimer faire ça...

  • J’ai commis un article sur cette question, dans la rubrique débat.

  • Bonjour
    Voici le témoignage d’un directeur en toute fin de carrière qui avait déjà pas mal bourlingué avant.
    Je suis directeur depuis 12 ans. La première année, la direction a largement grignoté mon travail de classe. Très vite, j’ai appris à hiérarchiser les tâches avec comme axe principal "travailler dans le réel" .
    1) Travailler les dossiers concernant directement la scolarité des élèves
    2)Faciliter la tâche des collègues et leur faire confiance en étant à leur écoute mais en étant capable de donner un avis voire un conseil et parfois même prendre des décisions que seul le directeur peut assumer.
    3)Ne pas se laisser envahir par le stéréotype "le directeur est responsable de tout" ancré dans la tête des parents, des élus et de certains collègues : péri-scolaire, restauration, loto, kermesse et autres fantaisies.
    3)Faire vivre des projets concrets et fédérateurs
    4)Répondre aux demandes administratives, mais aussi, s’autoriser à ne pas y répondre : Dans ce dernier cas, vous trouvez un mail et/ou un message téléphonique et ensuite, plus rien ce qui prouve que l’enquête trucmuche n’était pas indispensable.
    De manière plus générale :
    - Savoir partir avant 20h00 en laissant du travail sur le bureau
    - Ne pas croire que tous les méchants sont à l’Inspection Académique et les bons dans les écoles. Même si certain(e)s sont des petits chefs (cheftaines !), il existe des IEN avec qui l’échange et le débat sont possibles.
    - Regretter parfois de ne pas avoir le pouvoir de prendre certaines décisions et de devoir le déléguer à une hiérarchie parfois éloignée de la réalité.
    - Ne pas se croire indispensable, même si je ne suis pas sûr que l’école que je vais quitter dans quelques semaines pour une retraite bien méritée va pouvoir continuer à fonctionner sans moi !
    Allez bon courage les amis pour les années à venir. Faites en sorte que ça change.

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