SNUipp-FSU 89

Syndicat National Unitaire des Instituteurs PEGC et Professeurs des écoles

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Après le premier forum pour l’école du SNUipp 89 : expériences croisées et blocages persistants.

mercredi 9 octobre 2002

Contenus d’enseignement, disciplines, matières...

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Le 8 octobre a eu lieu le premier forum pour l’école du SNUipp 89
3 intervenants, Rémi Brissiaud (maths), Bernard Devanne (langue écrite) et Joëlle Gonthier (arts plastiques), référence dans leur domaine, ont apporté leur petite musique à la réflexion des enseignants présents.

Au cours d’un premier temps, trois ateliers ont permis de creuser les sujets :

- où commencent les arts plastiques
- la conceptualisation mathématique avec Rémi Brissiaud
- Les enjeux de la réussite dans le domaine de la maîtrise de la langue avec Bernard Devanne

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Rémi Brissiaud devant son auditoire

La seconde partie de la soirée, après un buffet bienvenu, a essayé de croiser les approches pour voir ce qui pourrait permettre d’avancer… pour réduire les inégalités scolaires.

Une brève intervention a permis de ne pas oublier l’importance des enjeux sociaux dans les inégalités, tous les spécialistes s’inquiétant de la persistance (voire de l’aggravation) des "marquages sociaux" des élèves.

Apprendre, dans toutes les matières, est-ce identique ?

Joëlle Gonthier insiste sur le nécessaire désir, l’importance de mettre en place des situations globales, de ne pas venir faire sa leçon "comme un représentant qui vient faire son exposé en sortant sa valise remplie de kits d’éducation".

Bernard Devanne explique que lorsqu’un enseignant a pris la peine de travailler une matière (par exemple la production d’écrit), il se retrouven nécessairement plus armé pour réinvestir ce qu’il a construit pour les autres matières.

Rémi Brissiaud met un bémol : si les démarches d’apprentissages sont parallèles (la psychologie cognitive nous prouve un certain nombre de choses là-dessus), encore faut-il, pour l’enseignant, avoir la connaissance suffisante pour, dans chaque matière, pouvoir identifier les nœuds de savoir qui posent problème, les difficultés essentielles sur lesquelles l’enfant va buter. En ce sens, on ne peut imaginer qu’il suffirait "d’apprendre à réfléchir" sans se préocupper des contenus disciplinaires.

Tout faire ?

De la salle, un prof se demande comment l’enseignant des écoles, polyvalent, peut maîtriser les contenus et la didactique de chaque matière. Bernard Devanne répond que pour lui, le partage des matières ne peut être une solution, chacun ne pouvant alors que proposer des situations partielles, trop segmentées dans le temps, peu opératoires pour "entrer dans la culture". Joëlle Gonthier partage ce point de vue, au vu de son expérience des profs spécialisés de la ville de Paris, qui interviennent en Arts plastiques de manière, selon elle, trop déconnectée de la vie de la classe.

Gilles Tournayre, pour le SNUipp, demande aux intervenants de dire si les pratiques pédagogiques actuelles permettent de rendre l’école moins inégalitaire

Dans la salle, on rappelle les craintes d’une dérive du type : "j’évalue, je propose la remédiation, je vais réparer l’élève ?"
Bernard Devanne acquièsce : redonner une couche d’orthographe a un élève qui a des difficultés ne peut que l’enfoncer un peu plus, augmenter encore son rejet de l’école. Changer le rapport d’un élève à l’écrit implique un changement de posture bien plus profond de l’école…

Toujours pragmatique, Rémi Brissiaud souligne la difficulté à dire "ce qui est bien", "ce qui est mal" : toute décision peut être positive si elle est soutenue par une intention : même un redoublement ou un groupe de soutien peuvent avoir du sens, dans telle ou telle condition. Tout est affaire de décision et d’engagement des enseigants.

La formation, condition indispensable, et pourtant si absente…

Dans la salle, on insiste sur la nécessité (et la difficulté !) à passer d’une culture d’enseignant "exécutant" d’orientations prises ailleurs, à une culture professionnelle impliquant engagement, prise de décision, réactivité, choix. On dénonce les doubles discours officiels qui demandent ce type de positionnement professionnel sans donner les moyens de changement : la formation. On déplore le manque de contact avec la recherche, mais aussi l’impossibilité d’engager des recherches-action qui confrontent les pratiques quotidiennes avec des regards extérieurs…

Pour que des progrès significatifs soient fait, il semble urgent de ne pas en rester à la déploration de ce qui ne fonctionne pas, mais de s’engager dans les actions nécessaires à de nouveaux rapports de force avec l’administration…

Et là, évidemment, il n’est pas de solution magique qui sorte de la salle, sans l’engagement individuel de chaque enseignant…
Le rôle du syndicat est d’aider à le construire. Il serait bien vain d’imaginer qu’il le remplace…

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