SNUipp-FSU 89

Syndicat National Unitaire des Instituteurs PEGC et Professeurs des écoles

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GREVE LE 15 DECEMBRE

jeudi 24 novembre 2011, par SNUipp 89

Vie Syndicale

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Les fédérations de l’éducation appellent à la grève des personnels enseignants d’éducation et d’orientation le 15 décembre !

Appel à la grève des personnels enseignants d’éducation et
d’orientation le 15 décembre !
Les sujets de désaccords et de mécontentements sont aujourd’hui très nombreux dans l’Education nationale : suppressions massives de postes, dégradation des conditions de scolarisation des élèves,
conditions de travail de plus en plus difficiles pour l’ensemble des personnels… autant de mesures qui ne sont pas au service de la réussite de tous. Le gouvernement refuse de pratiquer un dialogue
social digne de ce nom.

Dans ce contexte, le ministre de l’Éducation nationale veut imposer dès la rentrée 2012 une modification en profondeur des modalités d’évaluation des personnels d’enseignement, d’éducation
et d’orientation. Les projets de textes, finalisés avant même toute concertation, prévoient :

· le gel des promotions autres qu’à l’ancienneté jusqu’en 2015

· la progression de carrière aux seules mains du supérieur hiérarchique

Dans le même temps, dans le second degré, le chef d’établissement deviendrait l’unique évaluateur.
Parce que ces projets induisent des transformations de nos métiers que nous refusons, nous en demandons le retrait.
Les fédérations syndicales signataires condamnent ces projets que le ministère veut imposer dès la rentrée 2012. Il est désormais de la responsabilité du ministère de mettre un terme à ce conflit en retirant ce texte et en ouvrant de véritables négociations sur cette question.
Elles appellent les personnels enseignants, d’éducation et d’orientation (éducation nationale et enseignement agricole), à être massivement en grève le 15 décembre prochain pour exiger le retrait des projets de texte sur l’évaluation.

Le courrier aux parents bientôt sur le site.

Évaluation des enseignants

*De l’inspection en classe à l’entretien professionnel

De l’inspection d’aujourd’hui à l’entretien professionnel, il n’y a pas qu’une différence de vocabulaire. Le projet de décret sur les nouvelles modalités d’évaluation introduit une nouvelle et contestable approche du suivi du travail des enseignants. Explications
Aujourd’hui, les enseignants des écoles sont inspectés dans leur classe avec de grandes différences sur la fréquence, le nombre et le déroulement des inspections. En général, l’IEN avertit de sa venue plusieurs jours avant, et fait éventuellement parvenir ses demandes. Il observe des séquences en classe et consulte les documents demandés (cahier-journal, progressions, projet d’école, cahiers d’élèves, évaluations...) puis il mène un entretien avec l’enseignant. A la suite de cette inspection, un rapport accompagné d’une note, validés par l’inspecteur d’académie, est envoyé à l’enseignant. Ce dispositif n’est pas du tout satisfaisant.
Ce qui changerait
*un entretien professionnel tous les trois ans
Avec le nouveau projet, l’inspection en classe serait remplacée par une évaluation de la valeur professionnelle. Cette évaluation serait conçue comme un processus dans le temps ponctué par un entretien professionnel tous les 3 ans. Cet entretien comprendrait l’examen partagé d’une auto évaluation et permettrait à l’IEN d’apprécier « la manière de servir de l’agent ».

 *quatre critères d’évaluation

L’entretien porterait « sur le positionnement de l’agent » envers quatre critères : la capacité à faire progresser chaque élève*, les compétences de l’enseignant « notamment didactiques », la pratique professionnelle dans l’action collective de l’école « dans le cadre des programmes scolaires officiels et de la mise en œuvre des réformes », la qualité du cadre de travail. Pour le SNUipp, il est inconcevable d’envisager l’élaboration de tels critères, comme de l’ensemble du dispositif, sans y associer les enseignants.

 *le barème supprimé

Le système de note serait supprimée. A l’issue de l’entretien, l’IEN proposerait à l’IA que certains enseignants bénéficient des réductions d’ancienneté (6 mois ou 15 mois tous les 3 ans) qui permettrait alors à ces « heureux élus » d’accéder plus rapidement à l’échelon supérieur. Cela modifie en profondeur le système des promotions ( changement d’échelon) des enseignants. Celui-ci ne se ferait plus à partir d’un barème connu de tous mais sur décision directe du supérieur hiérarchique. Au final, c’est moins de transparence et plus d’arbitraire.

Parallèlement à ce projet, une redéfinition de la gouvernance académique se met en place. A l’avenir, les inspecteurs du premier degré ne feront plus parti des services académiques de l’inspection. A l’instar des chefs d’établissement, ils vont intégrer la ligne hiérarchique décisionnelle. « Alors que jusqu’ici tous les inspecteurs tiennent leur autorité de leur expertise pédagogique et disciplinaire, les IEN la tiendraient désormais de leur appartenance à la chaîne hiérarchique. Autrement dit, d’une place de « fonctionnaire de proposition » ceux-ci passeraient à un statut de « fonctionnaire de décision . De quoi mettre à mal la liberté d’appréciation et la distance intellectuelle nécessaires à l’inspection » estime le syndicat de la FSU des inspecteurs.
Comment évaluer les progrès des élèves ? "Dans l’absolu c’est une difficulté", nous dit J.Théophile [directrice des ressources humaines au ministère]. Mais "dans le cadre d’une évaluation régulière tous les 3 ans, on peut utiliser des indicateurs comme la réussite aux examens ou le niveau de la classe". Le Café pédagogique, 15 novembre 2011.

Carrière

Promotions : le grand chambardement !

L’actuel système de promotion, basé sur trois rythmes d’avancement et une note pédagogique, se voit bouleversé par un projet de décret sur l’évaluation des enseignants. Explications et commentaires
Actuellement :
L’avancement est ce qui permet à un collègue d’être promu d’un échelon à l’échelon immédiatement supérieur, entraînant ainsi une hausse de rémunération. Pour les enseignants, l’avancement peut s’effectuer pour chaque échelon à trois vitesses : au grand choix, au choix et à l’ancienneté. A l’ancienneté, il faut ainsi 29 ans pour atteindre le 11e échelon de la classe normale, contre 19 ans pour le rythme le plus rapide. Sur une carrière, cela peut faire une différence de traitement de près de 100 000 Euros. A noter que dans certains corps comme celui des IEN par exemple, l’avancement se fait à un rythme unique.

Ce qui changerait :

Des carrières alignées vers le bas

En lieu et place des 3 rythmes d’avancement ( grand choix, choix et ancienneté) l’avancement, à savoir les changement d’échelon qui détermine le salaire, se ferait sur le rythme le plus lent : l’ancienneté deviendrait l’épine dorsale du dispositif. En contrepartie, des réductions d’ancienneté sont introduites pour certains enseignants. Elles peuvent être de 6 mois ou 15 mois tous les 3 ans. Celles-ci sont arrêtées par l’IA, sur proposition de l’IEN, à l’issue de l’entretien professionnel.

Dans un premier temps, le projet de décret pouvait laisser entendre qu’il y aurait un gel des promotions jusqu’en 2015. Le ministère a été contraint de revoir sa copie et d’écrire noir sur blanc que les modalités actuelles d’avancement seront maintenues jusqu’au 31 décembre 2014, date à laquelle on bascule dans le nouveau système.
Des fins de carrière freinées
Le nouveau dispositif ralentirait les fins de carrière. Ainsi, même en bénéficiant du maximum de réductions d’ancienneté, il faut 2 ans de plus pour atteindre le 11e échelon, en comparaison du grand choix actuel.

Avancement au rythme le plus rapide dans l’ancien et le nouveau système

En prenant comme base un avancement moyen sur toutes la carrière, le projet d’avancement conduit à un ralentissement des promotions en fin de carrière (9e, 10e et 11e échelons), ce qui risque de laisser sur le carreau des collègues qui attendent d’atteindre le 11e échelon pour partir à la retraite (ils sont encore plus de 54 % à partir à la retraite sans avoir atteint le 11e échelon de la classe normale).
Des inégalités accrues
Le décret ne garantit pas que les réductions d’ancienneté soient réparties équitablement entre tous les échelons. Les inspecteurs d’académie ont tous les pouvoirs pour cibler les enseignants bénéficiant de réductions de mois. Dans un département, ne pourraient être privilégiés que les début de carrière, dans un autre, seulement les fins de carrière, dans un troisième les enseignants nommés sur certains types de postes... Des déroulements de carrière très inégaux pourraient ainsi voir le jour suivant les choix départementaux. De même, les enseignants ne seraient donc plus simplement en concurrence au sein d’un même échelon mais entre tous les échelons. La hors classe avait jusqu’à présent un seul rythme d’avancement (2 ans et 6 mois ou 3 ans). Désormais, la hors classe bénéficierait, elle aussi, de réductions d’ancienneté. Évidemment, tout mois de réduction d’ancienneté dans la hors classe est un mois de réduction d’ancienneté en moins pour la classe normale… Pour le SNUipp, cette disposition accentue donc le clivage qui existe entre la classe normale et la hors classe.
Une conception radicalement différente des déroulements de carrière
Jusqu’à présent, l’avancement d’échelon tenait compte de la valeur professionnelle et de l’ancienneté. L’ancienneté générale des services (AGS) est ainsi un des éléments des barèmes de promotions. Dans le projet de décret, seul l’élément « appréciation de la valeur professionnelle » subsiste. Pour le SNUipp, c’est un renforcement du “mérite” au détriment de l’expérience professionnelle. Le barème, malgré ses défauts, constituait un repère collectif pour la profession. Il permettait aux délégués du personnel siégeant dans les CAP de garantir l’équité et la transparence dans les opérations de promotions. Chaque collègue pouvait ainsi se situer dans son déroulement de carrière. Le projet du ministère supprime tout barème et risque, en l’état, de rendre le système de promotions plus opaque.
A l’opposé du projet présenté par le ministère qui n’améliore pas l’existant, le SNUipp revendique un rythme d’avancement unique permettant à tous les collègues de terminer leur carrière à l’indice terminal du corps. Il estime indispensable de déconnecter l’appréciation de la valeur professionnelle du déroulement de carrière. Cette condition est indispensable si on veut rendre l’évaluation des enseignants plus juste et moins infantilisante.

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