SNUipp-FSU 89

Syndicat National Unitaire des Instituteurs PEGC et Professeurs des écoles

Accueil > Le SNUipp-FSU > Vie Syndicale > Luc Chatel à Sens, le SNUipp aussi !

Luc Chatel à Sens, le SNUipp aussi !

lundi 12 septembre 2011, par SNUipp 89

Vie Syndicale

Attention, cet article est ancien. N'hésitez pas à vous adresser à la section pour vous assurer que les renseignements qui y figurent sont toujours valables.

Quelques ministres dont celui de la santé et de l’éducation, accompagnés du local de l’étape, M De Raincourt, sont donc passés ce matin à Sens. Ils ont visité une CLIS et une ULIS afin de montrer tout l’intérêt qu’ils portent à la scolarisation des handicapés.
Histoire également d’occuper l’espace médiatique et de faire, comme d’habitude, une annonce de création d’emplois (EVS).

Une délégation de la FSU a été reçue par le conseiller du ministre chargé des affaires pédagogiques et par le secrétaire général de l’inspection académique. Elle était composée de membres du SNES pour le second degré et de M. Chignier, N. Palacio et E. Apffel pour le SNUipp.

Nous y avons présenté la situation du département en matière d’ASH (voir pages suivantes). Avec une anecdote tout à fait représentative : l’enseignant de la CLIS visitée par le ministre n’est pas spécialisé !

Nous avons fait également un tour d’horizon des autres difficultés rencontrées dans le département en insistant sur le fait que sa spécificité reconnue (audit de l’inspection générale, travail du "collectif Ecole que Nous Voulons Dans l’Yonne") n’a jamais entraîné de traitement adapté.

En réponse à son annonce de création de postes d’EVS, nous avons apporté les faits : le passage, pour l’Yonne, de 315 à 135 pendant l’été (lire par ailleurs).

Le conseiller nous a poliment écouté puis a rappelé la politique générale du gouvernement. Inutile de la redire, ce ne sont pas les tribunes qui lui manquent. Une bonne impression de dialogue de sourds ! Nous ne sommes pas dupes du langage utilisé ; avec les mots qu’ils nous empruntent, ils défendent des idées et des valeurs opposées.

Ensuite, la délégation a rejoint la sortie du collège Montpezat pour y rencontrer la presse qui suivait l’évènement et lui donner le sentiment de la profession.

++++

Ce qui est prévu :

Depuis la loi de 2005, ce sont les départements qui ont la compétence pour les personnes handicapées, via des MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). Au sein de cette MDPH, existe une commission des droits à l’autonomie qui, pour ce qui nous intéresse, oriente les élèves handicapés.
Cette loi de 2005 prévoit qu’ils sont scolarisés en priorité dans l’école ordinaire de leur domicile, éventuellement en recevant l’aide d’un Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS).

Parfois, ils sont accueillis dans des dispositifs au sein des écoles, collèges et lycées : CLIS (Classe d’Inclusion Scolaire) ou ULIS (Unité Localisé pour l’Inclusion Scolaire). Pour chacun de ces dispositifs, un enseignant est responsable d’une dizaine d’élèves pour qui il organise des intégrations ponctuelles « sur mesure » dans les classes ordinaires et qu’il garde en classe le reste du temps

Cependant, certains handicaps nécessitent des établissements spécialisés : IME, IMPRO (Instituts médico-éducatifs ou médico-professionnels), ITEP (Institut Thérapeuthique, Éducatif et Pédagogique), hôpital de jour...

Enfin, des élèves ne présentent pas de handicap au sens médical du terme mais sont en grande difficulté scolaire. Ils ne sont pas orientés par la MDPH mais par une CDO (Commission Départementale d’Orientation) interne à l’ Éducation Nationale.
Au niveau primaire, ils sont aidés par les RASED (Réseau d’Aide aux Élèves en Difficulté). Ces RASED sont aussi un maillon essentiel vers la reconnaissance du handicap pour les déficits cognitifs.

Au secondaire, il peuvent être orientés vers les SEGPA (Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté) ou l’EREA (Etablissement Régional d’Enseignement Adapté).

Selon la nature du handicap ou de la difficulté, les enseignants doivent avoir une qualification supplémentaire, sanctionnée par un diplôme : CAPA-SH (anciennement CAEI puis CAPSAIS) ou 2CA-SH.

++++

La vérité sur la scolarisation en milieu ordinaire

L’inclusion des handicapés dans les classes s’est faite sans aucun accompagnement des enseignants et des collectivités concernées.

En ce qui concerne les auxiliaires de vie scolaire, le turnover est important pour cause de contrat précaire. Dans les écoles, sous le même type de contrat « EVS », cohabitaient des "Accompagnement aux enfants handicapés" et des "Aide à la direction". Or la dotation pour l’ensemble est passée de 315 à 135 pendant l’été.

Tous les contrats deviennent "Accompagnement aux enfants handicapés" et les EVS restants "Aide à la direction" seront petit à petit basculés pour "accompagnement aux handicapés". Ceci entraîne d’ailleurs des démissions de personnes qui se sentent désarmées devant leurs nouvelles fonctions ou mutées très loin.

De plus, les embauches doivent être faites pour début octobre ce qui va à l’encontre du fonctionnement de la MDPH puisque les dossiers aboutissent au fur et à mesure de l’année.

++++

La vérité sur les établissements

Plus de la moitié des enseignants ne sont pas formés pour le public qu’ils accueillent.

La vérité sur les CLIS

Sur 19 CLIS, 12 enseignants ne sont pas spécialisés et seulement 2 sont en formation. C’est le cas de la CLIS visitée ce matin par les ministres.

Une des raisons en est que c’est sans aucun doute un des postes les plus difficile à occuper tout en n’étant absolument pas reconnu.

Très peu de CLIS ont un SESSAD (Service d’éducation spéciale et de soins à domicile) associé comme prévu. C’est une structure pluridisciplinaire proposant un accompagnement scolaire, social, éducatif, familial. De nombreux élèves ont une notification de la MDPH pour une prise en charge par le SESSAD qui n’est pas satisfaite.

Tant en CLIS qu’en établissement, des élèves sont en attente d’affectation. La carence dans toutes les formes de structures entraîne un jeu de « chaises musicales » pour des élèves qui sont affectés par défaut, au « moins pire » malgré toute la vigilance apportée par l’IEN.

La vérité sur les ULIS

Normalement, l’ULIS est le prolongement « normal » de la CLIS. Or, pour 19 CLIS, seulement 6 ULIS existent dans le département, posant des problème d’orientation.
Seulement une ULIS pro (dans un lycée professionnel) !

La vérité sur les RASED

- Psychologues scolaires : Tous pourvus mais 8 retraitables dans les 2 ans, un seul en formation.
- Aide rééducative (option G) : 5 vacants sur 21. 3 fermetures l’an dernier. 5 retraitables dans les 2 ans
- Aide pédagogique (option E) : 3 vacants sur 34. 12 retraitables dans les 2 ans

La situation est en outre très inégale sur le département. Les secteurs d’Avallon et Tonnerre sont particulièrement sinistrés, soit tout le sud du département.

++++

La vérité sur les SEGPA

A la SEGPA de Sens, dès la rentrée, trois élèves excédentaires. Or la proximité de la région parisienne amène tous les ans des élèves supplémentaires en cours d’année. Cette situation est hélas habituelle.

Dans les SEGPA, l’absence de départ en formation va aboutir d’ici trois ans à une carence d’enseignants spécialisés pour ces structures.

Une récente réforme prévoit de supprimer les directeurs de SEGPA qui sont des personnels spécialisés et qui ont un rôle essentiel dans ces structures.

La vérité sur l’EREA

Cet établissement accueille, hors handicap, les élèves les plus en difficulté du département ; difficulté scolaire et sociale. L’institution reconnaît l’existence de besoins particuliers et d’une formation spéciale pour les enseignants (option F) qui les encadrent. Voilà la situation constatée au 9 septembre 2011 :
- 25% d’enseignants spécialisés seulement
- 30% de contractuels embauchés sans recevoir aucune formation à l’enseignement
- 3 postes non pourvus

A cela nous devons ajouter que l’assistante sociale qui y exerçait à plein temps auparavant, s’est vue assignée 2 autres établissements depuis 5 ans et un supplémentaire encore cette année.

La vérité sur la formation des enseignants

Les enseignants spécialisés pour les élèves en difficulté ou handicaps sont-ils une espèce en voie de disparition ?
Les prochains départs en retraite associés aux non-départ en formation et le « bidouillage départemental » pour certaines spécialités qui sont en candidats libres le laissent craindre.
En outre, il faut savoir qu’en quelques années, on est passé d’une année complète en formation nationale (CAEI et CAPSAIS) à 1/2 année nationale (CAPA-SH), puis à une formation départementale accompagnée par Institut chargé de ces formation à... plus rien !!!

Messages

  • Bonjour à tous !
    Juste pour signaler qu’une nouvelle CLIS s’est ouverte à l’école Rive Droite à Auxerre comme prévu. Comme prévu aussi : pas d’enseignant spé sur la classe ( même si la collègue fait du bn boulot), et pas d’AVS non plus....L’IEN propose à notre unique EVS pour 10 classes de tenir un rôle que "peut-être" elle n’a pas envie de tenir....On s’en doutait bien sûr !!!!
    Lise

'